‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 49 sur 151 · Revue de Paris, t. LVI, p · texte numérisé non relu

Revue de Paris, t. LVI, p

MARIÉ TUbOR 403

son drame chez Èug-ène Rendue!, il y joignît cette note, datée du 12 novembre : « M^^^ «fuliette, quoique atteinte à la première représentation d'une indisposition si grave qu'elle n'a pu continuer de jouer le rôle de Jane les jours suivants, a montré dans ce rôle un talent plein d'avenir, un talent souple, gracieux, vrai, tout à la fois pathétique et charmant, intelligent et naïf. » S'il se refusait à reconnaître que l'insuffisance de M^^^ Juliette avait été pour quelque chose d^ns l'insuccès de Marie Tudor, on pense bien que Victor îîugo était encore moins disposé à confesser que les défauts de son drame étaient pour beaucoup dans son échec. îl a préféré l'attriDuer tout entier à une trahison du directeur, M. Harel. Ce dernier, — le poète n'en disconvient pas, — avait monté la pièce avec tout l'éclat possible ; il avait commandé les plus riches décorse les costumes les plus magnifiques*. Cette grosse dépens, accomplie, il en avait fait une autre; il avait payé les gens pour siffler 2. Est-ce croyable? tiarel était-il si sot que de se ruiner ainsi de gaieté de cœur? Et quelle explication Victor Hugo donne-t-il de cette étrange conduite? Ohl mon Dieu, l'explication est tien simple. ïlarel préférait aux drames de Hugo ceux de t)umas. tl était amoureux à ce point du talent de l'auteur (VAnfony et si pressé de jouer de lui une nouvelle pièce qu'il n'avait pas hésité à imiter cet amant dont parle La Fontaine,

Qui brûle sa rliaison pour embrasse!* sa dame» L'emportant à travers la flamme.

lie fabuliste ajoute :

J'aime assez cet emportement ; Le conte m'en a plu toujours infiniment '.

i» Victor Hugo raconté f t. II, p. 412.

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