‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 67 sur 151 · ÀNGELO. LES CHANTS DU CREPUSCULE · texte numérisé non relu

ÀNGELO. LES CHANTS DU CREPUSCULE

M"«Mars etM"»« Doryal. — Les recettes d'Angelo. — Une préface de Victor Hugo et une fable de Florian. — Les Statuts de Vinquisition d'Etat, — Le comte Daru et le comte Tiepolo. — Cornaro, tyran pas dotix. — Lepeintre jeune et Suzanne Brohan. — Les Chants ducrépuscule. —Sainte-Beuve et Dalila. M. Vinet. M"' Juliette et Date liiia.

Un des critiques qui avaient le plus sévèrement jug-é Marie Tudor, M. Amédée Pichot, terminait son article, publié dans la Revue de Paris, par ces lignes où les qualités et les défauts du poète sont appréciés avec une équité parfaite :

Quel que soit le jugement définitif que l'on doive porter sur Fensemble des travaux de M. Victor Hugo, qui n'en est encore qu'à ses premiers pas dans la carrière dramatique, j'aime en lui, comme dans les poètes anglais du seizième siècle, ce mélange d'érudition et de romanesque qui distingue la plupart de ses écrits ; j'aime en lui cette exagération qui n'évite pas toujours l'emphase et la redondance espagnole, mais qui atteint aussi le sublime ; j'aime cet esprit qui, à force de chercher les contrastes, tombe dans lesconcetti et les subtilités, mais trouve aussi l'inattendu dans la chose et le mot ; j'aime enfin cette franchise d'expression qui accepte le trivial sans crainte, mais qui, toujours correcte selon la langue, sinon toujours douce à l'oreille, n'exclut pas systématiquement la grâce et l'élégance. Bizarre sans doute quand il ne peut être original, véhément quand il ne peut être fort, grotesque quand il ne peut être comique, il est du moins toujours poète et jamais commun ; il dé-

i*t VICTOR HUGO APRÈS 1830

pas!ic le but, maifi il reste rarement en chemin. En un mol, d'autres onlili-s ra/irices plus ou moins brillants, M. Vîrlor lluço, seul pout-*tre en littérature, a une VOLONTÉ. Il ne sVst jamais dissimulé que sa vie littéraire serait une longue lutte, que chacun de ses ouvrages serait un ciimbat, et il s'est mis bravement en campagne, comme un de ces champions d'autrefois qui, vainqueurs ou vaincus, étaient toujours sûrs de se faire connaître par leurs bons coups d'épée'.

Aprfs Alarie Tiidor, Victor IHiffo avait une revanche d prendre nu ihralre. Sans perdre un jour, il se remet à l'œuvre el prépareune nouvelle pièce. Le i4 décembre i833, M"|" Hugo écrit à Victor Pavie : a Mon mari a toujours ses pauvres yeux malades, et pourtant il s'occupe activement d'un drame qui doit Être joué aux Français, et son volume de poésies s'en trouve retjirdé, mais nous n'en pei-drons rien. Le volume de vers paraîtra dans deux ou trois mois ^. »

1-e drame dont Victor Hugo s'occupait ainsi dès la fin de i833 ne fut joué que le a8 avril i835. C'était Angeh, tyran de Padoue '. On lit sur le reg-ïslre de la Comédie- Française : grand saccès. — ^me» Mars et Dorval redemandées '.

La recette de la première représentation du Roi s'amuse avait été de 3.o38 fr. 4o. La recette de la première à'Angelo fut seulement de i.2G8fr. 60. La salle, on le voit par ce chiffre, avait 6té mise presque tout enlliVc à la disposition de l'auteur. Les payants ne manifestèrent d'ailleurs, cette fois, aucune velléité d'

a opposition, ce qui ne laissa pas d'inquiéter un peu les jeunes amis de l'aulciir. Ils étaient tout surpris et presque aux

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