‹ Victor Hugo après 1830Chapitre 77 sur 151 · Théodore Muret, V Histoire par le théâtre, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Théodore Muret, V Histoire par le théâtre, 1. 1, p

chezM^^ de Sévigné, la Leçon de botanique ^ les Voitures versées : « Le nom, dit le philosophe, est plus connu que les ouvrages *. » Le candidat était trop homme d'espri*. pour se fâcher de la remarque. Il savait bien d'ailleurs que son nom était, en effet, son meilleur titre. Son père, président à mortier au Parlement de Bordeaux, littérateur et jurisconsulte, auteur des Lettres sur la procédure criminelle de France et des Lettres sur V Italie, s'était présenté à l'Académie française en 1788, et s'était retiré devant le chevalier de Boufflers ; son tour allait venir, lorsqu'il mourut prématurément, le 1 7 septembre 1 788. Son frère aîné, Charles Dupaty, sculpteur disting-ué, avait été nommé, en 1816, membre de l'Académie des beaux-arts; c'est lui qui avait fait le modèle de la statue équestre de Louis XIII, que Victor Hug-o pouvait voir, chaque matin, de ses fenêtres, sous les arbres de la place Royale. Son neveu, Élie de Beaumont, le célèbre g-éolog-ue, venait d'être élu membre de TAcadéruie des sciences. M. Dupaty était donc de famille académique ; son nom était une force, et il avait pu répondre à Royep- Gollard, avec une légitime et spirituelle fierté : « Monsieur, quand le nom reste, c'est quelque chose, surtout quand il est parvenu jusqu'à vous ^. »

Cependant comme il s'agissait de remplacer M. Laine, c'est-à-dire un homme d'Etat et un orateur, ancien pair de France et ancien ministre, le comte Mole paraissait plus naturellement indiqué. Si M. Dupaty pouvait compter sur les vaudevillistes de l'Académie et M. Mole sur les politiques, Victor Hugo était-il assuré, du moins d'avoir pour lui les poètes? La voix de Chateaubriand et celle de Lamartine lui étaient acquises : que ferait Casi-

1. Réponse de M. Dupaty au discours de M. de Bémusat, Académie française, séance du 7 janvier J847.

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