‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 142 sur 187 · Livre V, chap · texte numérisé non relu

Livre V, chap

2. Voir au tame II, p. 37. de Victor Hugo après 1830, la lettre de M3" Victor Hugo, du 12 février i843.

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Paris, de plusieurs maisons, éprouva dans ses affaires certains embarras que la Commune et ses suites vinrent encore aggraver. Dans les derniers mois de 1872, il demanda aide à son ami Victor Hugo, (/est dans ces circonstances que ce dernier lui écrivit de Guernesey, où il était allé passer l'automne, la lettre suivante :

Hauteville-House, io novembre.

Mon cher, mon vieux, mon excellent ami, vos embarras n*

sont rien près des miens. Jai vendu ma rente italienne et j'ai nés autres titres. Cependant voici :je puis disposer en c j moment d'une somme de 1 . 4 ^ 4 francs traite sur Hetzel, t eh. ance le 5 janvier), je vous l'otTre. Si elle peut vous aider dans vos paiements, écrivez-moi un mot, j'endosserai la traite et je vous l'enverrai courrier par courrier. Vous m'enverrez en échange une traite de somm? éu-ale, sans intérêts, bien entendu, à l'échéance que vous voudrez. Ces 1.434 fr. seront bien peu de chose, maïs c'est tout ce que je puis en ce moment. Prenez, si cela peut vous servir. A vous du Fond de mon vieux cœur.

Victor Hnrjo.

A vous je dis tout. Depuis deux ans. il m'est sorti des

mains plus de trois cent mille francs. Rien qu'en dons (ca-

g pour la défense de Paris, ambulances, blessés, pontons,

. familles des condamnés, veuves et orphelins,

Alsace et Lorraine, libération du territoire, etc.), j'ai donné

plus de 35.OO0 francs et cela continue.

J'ai tout engagé, même ma maison. Je compte pour me dé- ■ :■ de ce chaos sur mon travail actuel ; c'est pour cria que ; Guerni - s droits d'auteur de Ray

Bios et de Marion Delorme que je compte paver toutes mes - - jusqu'au i«r mars, car ce qui me .-nu

libre suffit à peine pour paver les rentes que je fais annuellement à mes enl'anls : 12.OOO francs pour Victor.. 12. 000 francs 3i.ooo francs. Vous voyez ma situation.

C été bien heureux de demeurer Mans un

vos maisons, mais cela n'a pas dépendu de moi. Pourtant je me figure que cela finira par là. Je voua embrasse, cher ami.

A quelque temps de là, nouvelle lettre :

Ilauteville-House, ier mai 1873.

Mon bon Robelin. Je vois bien qu'il faut que je finisse par me confesser à vous. Je le fais de bonne ÇTàce. Seulement, gardez-moi le secret. Vous seul allez connaître ma situation à fond.

La voici :

A la suite d'une liquidation désastreuse, j'ai du prendre avec la Banque nationale de Belgique les engagements que vous allez voir :

J'ai payé :

i° Le icr janvier 1 8/3 .... 33, 000 fr. Je paierai :

20 Le ier septembre 1878 . . . 33,5oo 3° Le ier mars 1874 .... 33,5oo 4° Le ier septembre 1874 • • • 33,5oo 5° Le 1e1* mars 1870 .... 33,5oo G0 Le 1er septembre 1870 . . . 33,5oo

A ces 67,000 fr. par an, ajoutez :

i° Je donne à Victor.

20 Je donne à Alice

3° Je donne pour Adèle. . .

32,ooo par an.

Ces 32.000 francs joints aux 67.000, font 99.000 francs par an. Aces 99.000 francs ajoutez une petite institution que j'ai fondée ici pour l'enfance et qui me coûte par an 8.000 fr. K

1. Victor Hug-o avait organisé à Guernesey des dîners d'enfants pauvres. Quarante-deux venaient dîner a Haute ville-House tous les quinze jours, à raison de vingt et un chaque semaine. Puis, quand arrivait la fin de l'année, le jour de la Christmas, il leur dédiait un petit arbre de Noël. La tète se composait : i° d'un coûter de sandwiches, de çàteaux, de fruits et de vin ; 20 d'une distribution de vêtements ; 3° d'une distribution de jouets. (Pendant l'exil, p. lio!\.) C'est là assurément la meilleure œuvre du poète, et on ne l'en saurait trop louer. Que cela lui coûtât 8.000 francs par an, je le veux bien, mais il ne m'etonnerait pas que ce chiffre de S.oco francs ait paru au bon Robelin entaché de quelque exagération. Cela mettait le dîner des enfants pauvres à 7 francs par tète : C'est un bien gros chiffre à Guernesey !

fr.

fr.

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Cela fait 107.000 francs que j?ai en ce moment à donner par an. avant de dépenser un liard pour moi-même et pour la maison. Vous voyez que mes embarras hélas! valent bien les vôtres. Heureusement j'ai eu V Année Terrible et Ru y Bios Tan passé, et j'ai cette année Marion Delorme, et j'aurai, je pense, l'année prochaine, le Roi s'amuse.

Sans quoi, je né m'en tirerais pas.

Néanmoins, cher vieil ami. ne soufflez mot de tout cela, et plaignez-moi de ce que je suis si empêché et surtout de ce que je ne puis vous venir en aide.

Votre hôtesse de l'an passé vous envoie ses plus affectueux souvenirs, et moi je vous embrasse de tout mon cœur.

Victor Hu^o est plusieurs fois millionnaire, il est l'un des plus forts actionnaires de la Banque nationale de Belgique, il touche chaque année des droits d'auteur considérables. Plaignez-le pourtant. N'est-il pas réduit à cette extrémité de prélever tous les ans sur son revenu, pour la placer en bonnes rentes, une somme de 67.000 francs? Et, dès lors, comment voulez-vous qu'il puisse venir en aide à un ami, même à celui qu'il appelle, dans une de ses lettres, le meilleur des meilleurs 2 ? — Après tout, le bon Robe lin était un lettré ; il connaissait ses classiques. J'imagine qu'il se sera consolé en relisant cette scène de Labiche :

CHAMEROY

Voici mon grand livre. .. tu vas voir. . .

Henriette, riant !

Ah ! papa ! Je n'y entends rien !

1. Ces i ' été publiées par M. Félicien Champsaur, petitgendre de M. Robelin.

2. Lettre de Victor Hugo à M. Robelin, du lu lévrier l843. — Voir \ icior Hvgo a\ t 11, p. 3j.

chameroy, à son bureau.

Si! si! Je le veux. Recettes 102.527 francs, dépenses i4o-8i4 francs. Ce sontdes chiffres.

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