‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 150 sur 187 · Depuis l'exil, p · texte numérisé non relu

Depuis l'exil, p

OUATRE-VIXGT-TREIZE 289

Quand l'orateur eut regagné sa place, personne à droite ne se leva pour lui répondre, personne à gauche ne se leva pour l'appuyer. Les articles de la proposition furent successivement rejetés, par assis et levé. Au vote sur l'ensemble, dix membres seulement se levèrent pour.

Le poète ne devait plus prendre la parole au Sénat que trois fois : le 21 juin 1S77 *, pour combattre la demande, faite par le maréchal de Mac-Mahon, d'être autorisé à prononcer la dissolution de la Chambre des députés; le 28 février 1870, et le 3 juillet 1880, pour réclamer de nouveau l'amnistie.

Au mois de janvier i883, M. Floquet déposa sur le bureau de la Chambre des députés une proposition tendant au bannissement de tous les membres des familles ayant régné en France. Votée par la Chambre, le G janvier, cette proposition fut portée au Sénat, qui la discuta dans sa séance du 17 février. Pair de France. Victor Hu>. le i4 juin 1847, avait invité ses collègues à « donner solennellement l'exemple du saint respect de l'adversit Poète, il avait dit dans son ode sur Napoléon II :

Oh! n'exilons personne ! Oh I l'exil est impie3.

Plus tard, exilé lui-même, il avait jeté ce cri dans la dernière pièce des Châtiments :

1 I France, France aimée, et qu'on pleure toujours, Je ne reverrai plus ta rive douce et tri>t< .

V tait-ce pas à lui surtout qu'il appartenait de sï-lever contre cette nouvelle loi d'exil ? Entré au Luxern-

1. Ft non le 13 juin, comme il est imprimé par erreur dans .1 et Parole*: Depuis l'exil, t. Il, p.

leur du i5 juin 1847 •

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