‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 176 sur 187 · Journal officiel du 3i mai 18S · texte numérisé non relu

Journal officiel du 3i mai 18S

TOROUEMADA 373

Jourde, Ulbach, Got, Madier de Montjau, Guillaume, Delcambre, Massaroni, Le Mat, Raqueni 1, Lemonnieiv, Roland, Edouard -.

Pendant tous ces discours, l'immense défile n'avait pas cessé de se dérouler sur la place. Il était six heures et demie quand le dernier groupe passa, quand défilèrent, aux cris de « Vive Victor Hugo ! » les Beni- Bouffe- Toujours. A ce moment, le corps de Victor Hug-o fut descendu dans les cryptes du Panthéon.

Certes, le triomphe était incomparable, l'apothéose était complète. La soirée, la nuit tout entière furent consacrées à célébrer cette grande victoire de la maçonnerie et de la libre-pensée. Et pourtant, le lendemain, quand se leva l'aurore, Dieu était toujours là 3. Au sommet du Panthéon,, debout, baignée d'air et de lumière, rayonnante, victorieuse, la croix se dressait toujours vers le ciel, cette croix que la République n'avait pu abattre, la croix de Jésus-Christ !

i. M. Raqueni parla » au nom de la loge Michel- Ange de Florence, au nom de la maçonnerie italienne».

2. M. Em. Edouard, qui prononça le dernier discours de la journée, — le vingt-deuxième, — parla au nom delà République de Haïti.

3. Dieu est toujours là : c'est le titre de la plus belle pièce des Voix intérieures. Le poète parle ainsi de Jésus-Christ :

Tendre, même en buvant l'absinthe, Pour l'impie, au regard obscur.

Qui l'insulte sans | lus de crainte Qu'un passant qui raie un vieux mur !

Ils ont beau traîner sur les claies Ce Dieu mort dans leur abandon; Ils ne font couler de ses plaies Qu'un intarissable pardon.

Poges.

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