‹ Victor Hugo après 1852Chapitre 61 sur 187 · Alfred Asscline, Victor Hugo infime, p. iG · texte numérisé non relu

Alfred Asscline, Victor Hugo infime, p. iG

2. Mémoires de Saint-Simon, édition de 18^2, t. XXXVIII, p. 184.

Paul ■ nous est arrivé, au milieu de ces préoccupations, gras, frais, bien portant et heureux. Son séjour, qui n'a duré qu'une semaine, a été pour tous une véritable distraction. Il a une qualité immense pour nous autres proscrits : il est essentiellement parisien, il connaît à fond les rues de Paris, les théâtres, les coulisses, la bohème officielle et la petite Pologne littéraire : il sait le dernier bon mot de Grassot et il connaît le plus récent calembour de Clairville. Enfin, attrait suprême, il chante le couplet. Bref, il est très i^ai; et ce qui ne iràte rien, très bon garçon. Nous l'avons donc quitté mardi dernier avec regret. La veille nous avons fait à Moulin-Huet un pique-nique monstre où ta santé a été bue aux acclamations universelles. Ce qui te prouve que tu es resté parmi nous suffisamment populaire pour pouvoir, en temps de trouble, dormir tranquillement sur tes deux maisons. Ceci soit dit entre parenthèses 2 .

Nouvelle lettre au même, du i4 novembre :

Nous sommes aujourd'hui jour de sabbat, mon cher ami. Toutes les maisons sont closes, toutes les boutiques sont fermées, le ciel est de ce gris qui a l'air de devoir être éternel, il fait un vent terrible. La tristesse de cette mise en scène lug-ubre est augmentée par le contraste d'une semaine de rires et de joies que nous avons eue.

Hetzel, Noël Parfait et un jeune Belq^e fort parisien, appelé Frédérix 3, sont venus passer huit jours avec nous. Nous avons eu de charmantes soirées de causerie et de réjouissants piques-niques. Mais, maintenant, tout cela est fini, nos amis sont repartis hier pour Bruxelles et nous sommes redevenus des ermites...

...Notre maison est bien un couvent de bénédictins. On travaille chez Charles, on travaille chez ma mère, on travaille chez mon père, on travaille chez moi. Pour peu que l'exil

i. M.Paul Toucher, beau-frère de Victor Hugo.

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