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2. L'Événement du ier octobre 1849. — ^n,e Dorval était morte le 20 mai 1849. Ce que Vliae Victor Hugo ne dit pas dans son article, et ce qui est peu connu, c'est que M. de Falloux, alors ministre de l'Instruction publique, paya, de ses deniers personnels, la dépense des obsèques de VI'ue Dorval, de celle qui avait crée la Marion Delorme et la Catarina Bragadini de Victor Hugo. L'Opinion publique du 4 juin 1S49.)
3. En 18C4, Mm0 Victor Hugo, alors à Paris, écrivait à Sainte- Beuve : « Pour occuper mou esprit, je voudrais écrire quelque chose sur Alfred de Vigny. Cette étude m'aiderait à compléter un petit livre dédié aux morts, que j'ai commencé avant l'exil. Vuus avez parlé, m'a-t-on raconté, d'Alfred de Vigny. Je voudrais savoir ce que vous en dites. La critique littéraire à laquelle je n'entends rien et que vous avez tous les droits d'aborder n'entre pas dans mon cadre, mais je trouverai, dans ce que vous avez écrit, des faits, des dates et une appréciation générale de l'homme qui me serviront, — et puis je vous lirai. >< — Sainte-Beuve lui ayant envoyé la livraison de la Revue des Deux Mondes (i5 avril 18G4.) qui contenait son article, M" Hugo lui adressa cette nouvelle lettre:
« Dimanche 3i.
« 23, rue de l'Embarcadère (Auteuil).
a J'ai lu et relu votre article sur de Vigny. C'est profond, délicat et vrai. Toutefois, il me semble que vous n'avez pas rendu justice aux vertus de famille de M. Alfred de Vigny. Je sais de lui, à cet égard, des faits nobles et touchants. Ce que vous dites de la séance de réception, à laquelle j'ai c-t vivant et île la plus rigou-
reuse réalité, quoique, suivant mon impression, vous nu- sembliez un peu partial pour M. Mole qui, de son côté, avait, à cette séance, une attitude hautaine, sentant surtout un peu trop son grand seigneur. Cette légère reserve faite, je ne sais rien de plus admirable-
116 VICTOR HUGO APRÈS 18o2
Cependant les années s'écoulaient. On était arrivé au mois d'août i85g. La g-uerre d'Italie venait de se terminer par le traité de Villafranca, aux termes duquel « l'Empereur d'Autriche cédait ses droits sur la Lombardie à l'empereur des Français, qui les remettait au roi de Sardaigne ». Plus encore qu'à l'époque du traité de Paris l, Napoléon III apparaissait comme l'arbitre et le maître de l'Europe. Le dimanche i4 août, eut lieu dans Paris la rentrée triomphale des troupes victorieuses à Magenta et à Solférino. Lorsqu'elles défilèrent sur la place Vendôme, devant l'empereur et l'impératrice, ce furent des acclamations sans fin, un enthousiasme indescriptible. Le 16 août, le lendemain de la fête de Napoléon, le Moniteur publia un décret contresigné Delangle et ainsi conçu: « Amnistie pleine et entière est accordée à tous les individus qui ont été condamnés pour crimes ou délits politiques, ou qui ont été l'objet de mesures de sûreté générale. »
A l'amnistie, Victor Hugo répliqua par la déclaration suivante, datée du 18 août i85o, :