GH. GÉRARDIN. «LEHMANN
S. E. M. Basile Alecsandri^ ministre plénipotentiaire de Roumanie^ a communiqué à M. Lockroy la dépêche suivante ^ qu'il venait de recevoir du gouvernement 7^oum,ain :
« La mort de Victor Hugo, dont le vaste génie a jeté sur notre siècle un si éblouissant éclat, est vivement sentie par la Roumanie entière, qui s'associe de cœur au deuil universel et s'incline' avec respect devant la dépouille mortelle de celui dont la mémoire glorieuse ne mourra jamais. »
Au Rappel.
« Clarens, 23 mai.
« Monsieur le directeur,
« Tous les hommes de ce siècle sont les débiteurs du génie immortel de Victor Hugo, mais nous, Eusses, nous le sommes doublement. <
« C'est son grand souffle . c'est sa poésie
qui a inspiré et inspirera encore nos meilleurs combattants.
« Aussi, dans leur détressej le grand génie était avec eux.
« Eloigné de mon pays, je ne peux parler gu'en mon propre nom, mais je sais que la jeunesse russe s'associe à cet humble hommage que me dicte mon cœur.
«veuillez agréer, monsieur le directeur, l'expression de ma sympathie dans ce deuil national.
« MIKHAÏL ACHKINASI. J)
Prague.
« Rendant hommage à l'immortel chantre de rhumanité, nous envoyons unedéputation, laquelle déposera une couronne aux pieds du grand défunt, en signe du profond reâpect de notre peuple slave pour les grands mots d'ordre de la France.
« Société des beaux^arts et belles lettres de Prague en Bohême ».
A rtionsieur A. Vacquerie, « Mon illustre maître et confrère,
« J'ai eu l'honneur d'être chargé, par le Directoire républicain du Portugal, de le représenter aux funérailles de notre Maître à tous.
« Le peuple portugais, qui adorait Victor Hujgo, est très ému. On aime beaucoup la France, chez nous, et on l'aimait principalement dans Victor Hugo, son plus grand homme, l'âme et le cœur de la France. On va
le témoigner par des solennités funéraires.
« Je reçois des télégrammes de tous les clubs républicains pour les représenter aux funérailles du Maître.
« Je vous prie de le dire dans votre Rappel, si respecté cnez nous. s>
(c TRIGUEROS DE MARTEL,
<■( Pœdactenr du Seculo de Lisbonne ».
M. le président du Sénat a reçu et transmis à M. Lockroy le télégramme suivant :
« Apprenant la nouvelle de la mort du grand Victor Hugo, Tîle de Crète, par ses représentants légitimes, prend part au deuil général, Partageant la douleur de sa grande patrie et e rhumanité tout entière.
« Les membres chrétiens de V Assemblée
Cretoise ».
(Suivent 49 signatures.)
Besançon.
« Monsieur Lockroy,
a Je croirais manquer à un des devoirs que m'impose mon titre de recteur de Tacadémie de Besançon si je ne venais, au milieu des nombreux témoignages de douleur qui vous arriveront de tous les points du monde, vous apporter l'expression des regrets particuliers du personnel universitaire dont j'ai l'honneur d'être le chef.
<c Un hasard heureux pour notre ville a fait naître à Besançon l'immortel poète qui consacra sa vie à la défense des petits et au combat contre les grands que n'abrite pas la double
cuirasse du talent et de la générosité. Cette seule considération légitimerait une intervention de ma part dans Tunanime concert des regrets exprimés en ce moment.
« Mais combien plus impérieuse est Tobligation de parler quand elle s'impose h un des chefs de cette Université dont le romantisme a forcé les portes, en contraignant le rhétoricien à tenir compte, dans son code du drame, d'effets nouveaux consacrés par le sentiment du parterre. Victor Hugo appartient à l'enseignement par ce haut côté : il lui appartient plus encore par les œuvres charmantes que nous imposons à la mémoire de nos élèves de tout âge et qui, captant h la fois leur esprit et leur cœur, font, presque h leur insu, l'instruction de l'un et l'éducation de l'autre.
« Au nom de l'université franc-comtoise, j'adresse un dernier salut au grand Bisontin, au grand Français, au grand éducateur que vous pleurez, que nous pleurons tous.
« Veuillez agréer, monsieur et très honoré député, l'expression de mes sentiments dévoués et sympathiques.
« Le recteur de l'Académie de Besançon,
(c D'' L. MTCÉ. »
« Monsieur Vacquerit^
« 11 nous paraît impossible que le corbillard des pauvres, qui servira à transporter la dépouille de notre immortel poète, retourne ensuite aux Pompes funèbres. Cette voiture appartient h l'histoire et nous demandons qu'elle soit placée au petit Trianon. h Versailles, avec les voitures des souverains.
« Agréez, monsieur, rhommage de notre respectueuse admiration.
« JOSEPH BERNARD; étudiant; Etienne DUPARG, étudiant; Léon delphès, étudiant en médecine. »
« Monsieur Edouard Lockroy,
« Au nom de la rédaction du journal El Parvenir j de Madrid, j'ai Thonneur de joindre mes regrets profonds et sincères à ceux qu'éprouvent toutes les nations pour la perte du grand Victor Hugo. Nous ne verrons plus l'illustre vieillard, mais si sa vie s'est éteinte, sa gloire ne s'éteindra jamais et planera pour toujours sur tous les esprits, en les illuminant ainsi que l'astre du jour illumine le monde.
« Bien à vous.