‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 34 sur 127 · TORRES SOLANO · texte numérisé non relu

TORRES SOLANO

« Lc^s loges espagnoles Huelva, Coler, Rabida, Moguer, Acassa, Rio-Tinto, Cartagena, prennent le deuil pour la perte irréparable de l'éminent savant et du défenseur du progrès humain. Les membres de ces loges s'associent à votre douleur profonde, et vous envoient l'expression la plus sincère de leur respect. »

c( Les loges « Moralité » de Huelva, et «Diogène » de Rio-Tinto, en apprenant la mort du grand poète, de l'illustre citoyen, du géant, prennent le deuil et s'associent à votre douleur. »

« Monsieur Lockroy,

« Les comités deniocratico gubernamentâl et republicano historico de Tarragone m'ont fait l'honneur de me charger de vous présenter leurs douloureuses condoléances, ainsi qu'à toute la famille du plus illustre des illustres dont la perte afflige tous les peuples sans distinction.

« Ces comités me chargent aussi de les représenter aux funérailles, ce que je ferai, accompagné de quelques amis groupés autour d'une bannière aux couleurs espagnoles et décorée.

« Croyez, etc.

« Pour les directeurs des comités :

« José Andreu, Antonio de Magrina,

GOMAZ. »

« Le comité central de la Ligue internationale de la paix et de la liberté envoie à la fa-

mille de son immortel président rexpressiou 4e sa profonde douleur, et délègue M. Gaillard, député français, pour prononcer en son nom le dernier hommage h Victor Hugo. »

« La société des anciens défenseurs de la patrie de Saint-Archangelo (Italie) apporte son tribut d'affection à la mémoire de rimmortel •défunt et sa sincère condoléance à sa famille. »

« La société des ouvriers romagnols de Salsomaggiore (Italie) pleure la mort du prophète autant que celle de Garibaldi, perte immense pour rhumanité. r>

« L'Association des écrivains et artistes espagnols de Madrid prend part à l'affliction de la famille de Victor Hugo et au deuil de la France pour le deuil du grand poète. »

« Le général MeredithRead, de New-York, pleure la perte d'un ami et partage le chagrin universel que cause la disparition de la grande lumière littéraire. »

Affiche placardée sur les murs de la ville aUrbino^ par les soins de la municipalité,

« Victor Hugo, le cœur de la démocratie, le poète de l'humanité, la gloire de la France libre, le défenseur des faibles et des opprimés ^st mort !

80 VICTOll.HUGO DEVANT L'OPINION

« Sa grande âme laisse derrière elle un sillage de foi et de nobles aspirations. Le deuil de sa patrie est presq[ue semblable à celui causé par la mort de Giuseppe Garibaldi.

« Victor Hugo a sacrifié sa vie entière pour le droit de toutes les nations et de tous les hommes sans distinction de races, sans distinction de castes. Son génie ne se nourrissait pas de haine, mais d'amour. Il était une protestation vivante contre le Mal, mais il persistait à aimer ceux qui le faisaient, car il avait formulé la Vérité suprême que faire le mal est plutôt une nécessité relative que le fait d'un instinct pervers de l'humaine nature.

a Devant l'incomparable désastre qui frappe hx France et le monde, nous ne pouvons, nous, libres citoyens de l'Italie, rester indifférents.

c( Victor Hugo a demandé la grâce de la vie pour Guglielmo Oberdank.

a La noble parole du poète a vainement retenti ; mais le fait restera comme une preuve ineffaçable de sa grande âme, de raffectioii qui le liait à notre Italie, à toutes les douleurs humaines, h tous les martyrs de la religion du devoir. »

« Citoyens d'Urbino,

a Vous ne manquerez pas à la dette de reconnaissance qu'ont les grands peuples envers ce grand mort.

a Que vos manifestations de deuil soient dignes de lui ! »

Urbino, 29 mai 1885.

(Suivent les signatures.)

Ordre du jour du Cercle républicain^ Goffredo AfameK, de Rimini :

« Victor Hugo n'est plus. Telle est la fatale nouvelle qui, avec la rapidité du télégraphe, s'est répandue de Tun à 1 autre bout du monde — et le monde déplore: la disparition de sa plus grande lumière.

« Comme Prométhée au soleil, Lui, il a pris à un çénie souverain Tétincelle qui a fait res-

Slendir d'une clarté nouvelle l'aurore de notre ix-neuvième siècle et qui en illumine le déclin.

« Poète et philosophe , apôtre et prophète, soldat et tribun, Victor Hugo entre dans l'éternel domaine de l'histoire avec la sublime auréole de « Citoyen de l'Humanité ».

« En recevant ce coup terrible qui, en même temps que la France, les frappe, tous les peuples civilisés s'inclinent avec un grand respect. Leur seule consolation est de se retremper l'âme à cet éternel idéal qu'il a fait entrevoir à l'humanité dans Un monde de lumière et de poésie.

« Le Comité. »

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