A. LAISANT
Paris :
Le rédacteur en chef du Figaro, un esprit discret et mesuré, cependant, a cru devoir poser tout de suite la question de savoir s'il ne conviendrait pas de désaffecter le monument de Gambetta, dont les assises viennent d'être placées dans la cour du Carrousel, pour y mettre la statue du grand poète à la place de l'image du grand patriote de la défense nationale et du grand citoyen, qui est le principal fondateur de la République.
il y a place dans le monde pour plus d'un grand homme... de même qu'il y a place dans le Carrousel pour plus d'une statue
Aussi bien, celle de Gambetta ne sera pas seulement l'image d*un homme, mais la consécration d'un régime et l'apothéose d'un prin- ,cipe, — le principe de la démocratie triomphante.
' Pour l'arracher ûe la place qu'on a obtenue pour elle, il faudra une révolution, et si ce malheur arrivait à la France, qu'elle retombât sous le joug d'un empereur ou d'un roi, le poète des Châtiments ne serait pas plus en sûreté sur son piédestal que le créateur des armées de la défense nationale.
. La République est debout :
Achevons la statue de Gambetta !
. Dressons celle de Victor Hugo ! -
. GH. LAUBENT.
VEcho de Paris :
Je sais un point dans Paris qui convient à l'impérissable monument que les deux mondes vont édifier à la gloire de Victqr Hugo. Un
E oint qui regarde la ville immeni^e jusqu'aux orizons Ipintains. • • Montmartre.
Là, du haut de la colline altière, la statue colossale de Victor Hugo contemplerait Paris. Le front dans les nuages, le poète verrait la ville formidable. A ses pieds coulerait, dans ses joies, dans ses douleurs, dans ses espérances, le flot humain. A ses pieds se renouvellerait, chaque jour, la multitude pensante. Comme dans la vie, le prophète res- Slendissant domina l'humanité, Victor Hueo, ans la mort, dominerait le§.. siècles et les générations.
Un jour d'opprobre a vu bâtir à Montmartre une église catholique. Loi d'utilité publique. Qu'on exproprie les propriétaires de cette église menaçante, qu'on en restitue les matériaux et que, sur lia haute colline, s'élève iusqu'au ciel la statue du plus grand des hommes !
ABEL PEYROUTON.
La Lanterne :
Si la population, ne comprenant rien h ses timidités, à ses hésitations, dans un mouvement spontané, tournait les roues du corbillard vers le Panthéon, le gouvernement oserait-il employer la force pour s'y opposer?
Oserait-il faire sabrer la foule sur le cercueil de Victor Hugo?
Et au lieu de. prendre légalement, simplement possession du Panthéon, en laisserait-il prendre poSi3ession par une multitude surexcitée? Ce serait un fait aussi grave que regrettable !
Le Soleil :