‹ Victor Hugo devant l'opinion presse française-presse étrangèreChapitre 95 sur 127 · HENRY MARET · texte numérisé non relu

HENRY MARET

Lia Nation :

Quand on gratte le centre, le clérical reparait.

Quand on gratte l'opportuniste, le réactionnaire ne tarde pas à se montrer.

Gn l'a bien vu, hier, à la Chambre. ..

Notre ami Anatole de la Forge — se faisant Técho de toute la démocratie française — demande que le Panthéon, usurpé par FEglise après . le Deux Décembre , soit rendu aux grands hommes et qu'on y transporte Victor Hugo.

Aussitôt les grenouilles, du marais, celles qii'il terrassait de son éloquence à la* Législative, de 1849 à 1851, se sont réveillées.

Elles ont fait passer leur pusillanimité dans l'esprit du ministre de l'intérieur.

Et le gouvernement de la Républicruè n'a pas osé faire pour Victor Hugo, ce que Louis- Philippe avait osé après juillet 1830.

Il faudra que le gouvernement laisse faire, que la Chambre s'incline, que le Sénat obéisse.

Ou s'ils résistaient, c'est le peuple de Paris qui; prenant par la guide les chevaux du corbillard et poussant aux roues, mènerait le cadavre du Maître à là nécropole de la montagne Sainte-Geneviève. ^

Lundi donc, Victor Hugo, sera au Panthéon.

Et les tombes de Voltaire et de Rousseau seront définitivement arrachées des mains des prêtres.

CAMII^LE DREYFUS

Le Monde :

Nous citons plus loin quelques-unes des appréciations des journaux républicains sur Victor Hugo, et nous faisons connaître les principaux projets mis en avant dans le but ou sous le prétexte de glorifier sa mémoire. Il y

a là des exagérations qui nous paraissent profondément affligeantes. Nous en souffrons pour Tillustre poète lui-même ; triste moyen de rhonorer que d'imiter précisément, par ce manque absolu de mesure et d'équilibre, les défauts qui trop souvent nous gâtent son œuvre ! Nous en souffrons pour notre pays :

la France est-elle donc en train, elle aussi, de perdre le sentiment des proportions ? et faut-il que ses deuils, transformés en exhibitions, affectent des allures théâtrales.

OSCAR IIAVARD

Le Petit Caporal ;

La dépouille mortelle du poète est à peine refroidie, que déjà ses thuriféraires songent à lui décerner les honneurs divins.

La proposition de M. de La Forge est un acte de véritable emballement qui confine presque à la démence. Opposer Victor Hugo à Dieu, le jour même de la publication du testament où le grand poète a reconnu la vraie Divinité, voilà une idée qui ne pouvait entrer que dans un cerveau d'halluciné, comme celui aeM. de La Forge.

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