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BLANC

Le Français :

Victor Hugo n'est-il pas menacé de pis encore par ceux auxquels il s'est livré dans

iS^H VICTOR HUGO DEVANT L'OPINION

la dernière partie de sa vie? Ce matin, une feuille radicale fort répandue, la Lanterne^ émet le veu que la dépouille mortelle du poète soit portée au Panthéon ; or, comme il ne peut plus y avoir place sous la même coupole pour le Cnrist et pour M. Hugo, ÏSi. Lanterne demande naturellement qu'on jette le Christ à la porte. Sainte-Geneviève, la plus pure figure, avec Jeanne d'Arc, du patriotisme populaire, serait ignominieusement expulsée pour faire place à Tancien chantre de la •royauté et de l'empire, devenu dans ses vieux jours le favori de la démagogie athée. La croix serait arrachée pour livrer passage à celui qui avait écrit naguère, au bas d'un crucifix, ces beau:^ vers :

Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure. 'Vous qui sôufTrez. venez à Lui, car il guérit Vous qui tremblez venez à Lui, car il sourit. Vous qui passez, venez à Lui, car il demeure.

Parmi toutes les sombres visions qui traversaient parfois l'imagination du poète, il n'a •dû jamais s'en présenter une aussi horrible ; son cadavre servant de bélier sacrilège pour briser l'autel du Dieu qu'il avait adoré, et cela it l'heure même où son âme — qui ne serait

Îlus « protégée » alors par M. Lockroyet [. Pelletan — comparaîtrait devant le juge 'suprême et serait exposée aux redoutables représailles de la justice divine. Espérons q[ue l'apostasie de l'ancien auteur de la Prière pour tous ne lui vaudra pas ce dernier châtiment.

PAUL TIIUREAU-DANGIN.

P.'S. — Ces lignes étaient écrites quand ïK)us avons appris la mort du' poète. Cette

LES FUNKRAILLK^. ^}6'

mort ne change rien aux réflexions que noua, venons d'exprimer ; elle y ajoute seulement quelque chose de plus triste et de plus douloureux.

Le Rappel r

UN CHICANEUR DETOMBEAL

— Et cette

œuvre .unique, cette action souveraine et civilisatrice , ce grand génie toujours prêt à tous les grands devoirs, ce n'est rien pour M . Paul Devès. Le deuil public n'est plus seulement h Paris, plus seulement en Europe ; il s'étend sur le monde entier partout où l'on sait ce que c'est qu'un livre. Et, pour cette tombe, M. Devès trouve que le Panthéon est trop grand ! L'aurait-il rêvé pour lui tout seul ? Soit ; mais h la condition qu'on grave autour de sa tombe, les noms de tous les malheureux que ses votes ont envoyés mourir dans de folles et ruineusesaventures.

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