A LA LIBRAIRIE NOUVELLE
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Il y a six mois, quelques journaux ont annoncé la présence de Victor Hugo à Paris; dernièrement, le télégraphe annonçait son arrivée à Genève. La vérité est qu'il
n'est allé ni à Paris ni à Genève, et qu'il a
passé son été en Belgique et dans la jolie vallée de Chaudfontaine, après avoir fait en Zélande, avec ses deux fils, une promenade de plaisir et d'art à laquelle ma bonne étoile de touriste et d'ami m*avait fortuitement mêlé, et que je vous demande la permission de vous raconter.
Nous étions arrivés à Anvers un diman^ elle, jour de kermesse.
Pour les esprits amis de la couleur locale^ il y a des mots qui réveillent des idées ineffaçables. Rien qu'en entendant parler de kermesse, de bourgmestres et d'éche* vins, on ressuscite toute la vieille Flandre
dans sa pensée. On songe au magnifique Rubens du Louvre cl à l'incomparable portrait du bourgmestre Sjx, que Rembrandt a peint pour une des principales familles d'Amsterdam.
Tout cela s'est évanoui. La ronde avinée et charmante de l'ancienne kermesse s'est perdue dans le passé, et son chant a depuis longtemps jeté son dernier écho derrière l'horizon. Aujourd'hui, le formidable bourgeois, frotté de soleil et d*or par le pinceau
de Rembrandt, porte une cravate blanche €t un habit noir, et la chaude goguette des paysans de Rubans^ transformée en fêle de