CHAPITRE VII
Sommaire : Jeux Floraux de Toulouse. — Les vierges de Verdun. — Trait d'amour filial. — Une lettre de M. Snumet. — Refus d'entrer à l'École polytechnique. — Le général Hugo supprime la pension de ses fils. — Nombreux déménagements. — Publication des premières odes de Victnr Hugo. — Le Conservateur littéraire. — Description de ce recueil. — Victor Hugo critique litt.!rairo et dramatique. — Ses articles et ses pseudonymes. — Jugement sur les premières Méditations poétiques do Lamartine. — Première entrevue des deux poètes.
A l'époque où il écrivait Ditg-Jargal le pensionnaire de seize ans était non seulement lauréat de l'Académie, mais encore lauréat des Jeux Floraux, 11 concourut, un an après avoir été couronné par l'Institut, à l'académie de Toulouse et obtint à ces jeux célèbres, qui datent du xiv siècle et que favorisa Clémence Isaure, l'amaranthe, pour une ode intitulée : les Vierges de Verdun. Ce poënie fut inspiré par un souvenir historique. Pendant la première révolution, trois jeunes filles, trois sœurs nommées Henriette, Hélène et Agathe Watrin, avaient été condamnées à mort par Fouquier-Tinville parce qu'elles avaient présenté des fleurs aux Prussiens lors de leur entrée dans Verdun et qu'elles avaient distribué de l'argent et des secours aux émigrés.
Victor Hugo mérita peu de temps après le lis d'or pour une autre pièce dont le sujet imposé était \q Rétablissonent de la statue de Henri IV, statue que l'on venait de placer sur le Pont-Neuf et à l'installation de laquelle le jeune poëte avait assisté en curieux.
Son frère Abel, dont le talent littéraire donnait également les plus belles espérances, obtint plusieurs mentions à ces concours.
Victor composa en une nuit son ode sur la statue de Henri lY dans des circonstances particulièrement touchantes ; sa piété filiale la lui dicta : Voici comment.
M"' Hugo était atteinte d'une fluxion de poitrine et les deux fils restés près d'elle la veillaient tour à tour. Victor devait passer au chevet de la malade la nuit du 5 au 6 février 1819.
Sa mère, qui croyait ardemment à sa gloire future, lui demanda dans la soirée s'il avait envoyé sa pièce de vers à Toulouse. Les envois devaient être