AVANT-PROPOS
La France vient de célébrer avec une magnificence sans précédent le centenaire de son poète national. Paris, foyer incandescent des arts et des sciences, « cerveau de la pensée universelle » et (( capitale des peuples », Paris, que Victor Hugo a tant aimé et chanté, a érigé sa statue dans le quartier où le Maître a passé les sept dernières années d'une vie toute de dignité, de devoir et de labeur génial. Le monde entier, auquel s'est imposé son impérieux génie, s'est associé à l'apothéose de l'homme prodigieux :
Génie entré vivant dans l'immortalité.
Et cette manifestation de reconnaissance enthousiaste, d'amour et de fraternité a bien été la plus inoubliable, la plus merveilleuse, la plus sublime qui se soit faite autour d'un nom.
L'heure est donc on ne peut mieux choisie pour donner leur volée à ces notes et souvenirs intimes, recueillis dans les papiers de Richard Lesclide, l'ami féal, le « secrétaire par admiration » —
II VICTOR HUGO IXTlMi:
cuninie l'a si justement nommé un écrivain célèbre et regretté, Alphonse Daudcl, — (lui vécul dans le rayonnement du Maître qn"\] vénéra et chérit au delà de la mort.
Les }))'opos de table de Victor Hugo, qu'il écrivit en collaboration avec Catulle Mendès, aux lendemains d'un deuil (}ui fut universel, sont dans toutes les mains des admirateurs du poète immortel.
Il n'y a jamais assez de lumière autour des grandes figures historiques.
Ces notes, humbles « miettes de l'histoire », ont pour but de placer dans son vrai jour un trait, de préciser un relief, un détail restés vagues de la physionomie si populaire de Victor Hugo, de fixer quelque pensée fugitive du titan qui appartient à la fois à fart et à l'humanité.
Des écrivains de grande valeur ont raconté la jeunesse et la maturité tumultueuses de l'homme illustre en des ouvrages signés : M""® Victor Hugo, Gustave Rivet, Alfred Barbou, Alph. Lecanu, Jules Glaretie, Emile Blemont, à qui nous devons le merveilleux Livre d'Or de Victor Hugo. Ces pages compléteront la série.
Nous prendrons 'le poète en ce qu'il a d'inédit encore, aux approches d'un crépuscule grandiose — en juin 18.78- — aux veilles de son départ précipité pour Guernesey où, pendant plus de cinq mois, il resta celé à ses amis mêmes, à ses admirateurs, à la presse à l'affût, et à ce peuple parisien qui fit à son génie de solennelles ovations.