‹ Victor Hugo, le poèteChapitre 14 sur 84 · Aristote, Rhétorique, Ill · texte numérisé non relu

Aristote, Rhétorique, Ill

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propos la pierre qui roule sans pudeur, la fleche qui vole et désire atteindre son but, la lance, ardente a percer les corps, et le javelot furieux. La justification qu’Aristote donne de ces facons de s’exprimer marque chez lui la substitution du point de vue de la rhétorique au procédé de Ye@uvre spontanée et de limagination qui personnifie. Les littératures font un pas de plus encore dans la dégradation du procédé poétique : elles font, et le langage commun avec elles, fait passer les personnifications primitives, ou figures naturelles, déja devenues métaphores, c’est-a-dire figures de rhetorique, i un état d’accoutumance et d’usure ou les unes ne se distinguent plus des expressions propres et vulgaires, tandis que les autres ne paraissent, au contraire, que des flewrs décolorées et sans parfum. Victor Hugo, en abandonnant les images de ce dernier genre et tout Vancien attirail d’une mythologie décrépite, en créant des images vivantes et des personnifications nouvelles pour les phénoménes physiques ou moraux dont il avait l’esprit frappé, a prouvé que la facullé éminente du génie poétique était chez lui spontanée et extraordinaire. Quand il a -demandé des sujets 4 la mythologie antique, comme dans son merveilleux poeme du Satyre, il a parlé le langage de cette mythologie comme

sa langue propre, avec des effets créés. Et quand il s’est tenu dans le cercle de la pensée moderne, il a personnifié les idées morales et les forces naturelles, exactement comme cela se faisait au ~ temps de la production populaire des religions mythologiques. Il a fait plus, il a construit des sortes de mythes par le jeu de ces idées ou de ces forces personnifices.

Donnons des exemples. La Déroute, a Waterloo, crie : Sauve qui peut; ceci est une des plus simples images de la langue mythologique; un poete de notre ancienne école, au lieu de dire : la déroute, aurait taché de trouver 4 ce mot, dans la mythologie grecque; un équivalent qui parit bien) clairement fabuleux et banal. Dans la méme | piece ', Victor Hugo nous peint Napoléon au lit | de mort, et ses Batailles se penchant sur son front et lui donnant pour la derniere fois le sentiment de la victoire, avec celui de la délivrance dernitre. Mais il apercoit « Hudson-Lowe guettant par la porte entr’ouverte », et la pensée de Yexpiation et du chatiment lui revient. Une voix qu'il a déja entendue deux fois, pendant la retraite de Russie, puis & Waterloo, l’avertit que l’expiation ne finira pas avec sa vie. I] meurt, et, vingt

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