‹ Victor Hugo, le poèteChapitre 13 sur 84 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les personnifications.

La personnification étant essence méme du procédé mythologique, il est bon de se rendre compte de la puissance d’instinct et du degré vraiment extraordinaire ot. elle a été poussée chez Victor Hugo. Joignons-y les mélamorphoses qui en sont la suite naturelle. C’est a partir du recueil des Contemplations qu’on en trouve chez Jui les exemples les plus frappants, les plus en dehors des habitudes des povtes modernes. Remarquons d’abord les grandes généralisations imagées des idées morales; elles se présentent avec une hardiesse et une brieveté saisissantes. Del’homme, dans nos temps « @ignorance et de misére », Victor Hugo dira :

L’homme en yain fuit,

Le Sort le tient toujours la Serre.

Toujours la Nuit.

42 VICTOR HUGO Kt puis :

Déja VAmour, dans Vere obscure Qui va finir, Dessine la vague figure De l’Avenir;

Et de lui-méme, exilé et songeur, occupé a la recherche du grand Probleme et de la grande Bible : « Je suis..... ’ homme Devoir, le Souffle des douleurs. »

Des personnifications comme on en pourrait citer par milliers, des figures mythologiques telles que celles-ci :

La nuée et le vent passaient en se tordant... Un vin plein de fureurs, de cris et de jurons.....

Ces deux athlétes faits de furie et de vent, Le tangage qui bave et le roulis qui fume, Luttant sur ce radeau funébre, dans la brume.....

Tout avait le frisson, le pin, le cédre et ’orme,

etc., etc., sont du méme genre que les métaphores, qu’Aristote * a louées dans Homére, & Paide desquelles le poete, animant Tinanimé, a pour but, suivant le philosophe, de rendre énergiquement lacte (to évépyeray moretv), sans doute parce que l’acte est ainsi supposé fait avec passion par l’'agent immédiat. Aristote cite a ce

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