Les Contemplations, Il
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dent dans l’Ane, dans Torquemada, etc. Ils sont particulitrement & signaler dans les cas ot la rime ultra-riche, le mot de sonorilé identique fascine le versificateur : tombe, tombe, fosse, fausse; chaine, chéne; mceurs, meurs; faite, féte; faites, fates; mort, mord, etc., etc.
Passons a un autre vice de la méthode imaginative. Tout a l'heure, il s’agissait de ces images amenées par des associations d’idées, spontanées et naturelles, en principe, mais qui deviennent forcées par l’intervention d’une rime qu’on s'impose; comme quand, par exemple, on qualifie Gluck et Beethoven de « rameaux sous qui ]’on réve »; nous avons maintenant affaire & une autre tendance de limagination se donnant la tache d'un theme a développer. Elle va d’images en images, différentes pour une méme idée; et, de 1a, des incohérences, pour ‘esprit qui n’est pas prét a suivre le poete dans la mobilité de sa fantaisie, non plus qu’a s’allonger autant qu'il plait a celui-ci sur un sujet ou il n’a plus rien a attendre. Les incohérences proprement dites, qui sont condamnées par le naturel de l’esprit, avant de l’étre par la rhétorique, celles dont il y a des types ridicules bien connus : le char de l'Etat qui nayigue sur un volcan, et autres semblables, cest a peine si Victor Hugo parfois et rarement
en approche, caril est un voyant et n’a pas cou-| tume de peindre ce quine se peut voir. Il ne réunit. pas des traits incompatibles sur la méme figure; mais rien ne lui est plus ordinaire que de faire succéder les unes aux autres des représentations — inalliables entre elles, qui ont cependant cela de commun de se préter 4 l’expression imagée d'une méme pensée. Aprés avoir écrit celte stance par exemple :
J’ai des ailes, j’aspire au faite, Mon vol est str; J’ai des ailes pour la tempéte, Et pour Vazur.
il transportera de suite notre imagination devant le tableau si opposé de l’ascension pénible d’un
infatigable marcheur :
Je gravis les marches sans nombre, .
Je veux savoir, Quand la science serait sombre, Comme le soir }.
Quelquefois, ces images qui jurent s’avancent a rangs pressés et se succedent rapidement; ainsi dans le monologue de Charles-Quint, il est dit d'une « idée, au besoin des temps un jour éclose » :
Elle grandit, va, court, se méle & toute chose, Se fait homme, saisit les ccaurs, creuse un sillon;