L*ALCADE
Qu'entends-je ? Vous, ce chef redouté!
ALBARACIN.
La seule présence de Tinfant don Pedro au camp portugais m'empêche de pénétrer jusqu'à Lisbonne; des soldats commandés par lui sont invincibles. J'ai dû chercher un moyen de me délivrer de cet ennemi formidable; je l'ai trouvé. Mes émissaires ont découvert le mariage caché de l'héritier du trône avec une fille d'honneur de la reine. Alors, sous ce déguisement, je suis venu à toi, alcade, à toi, le confident des secrets de cette reine. — Je n'en ai point rougi. Le roi Boabdil venait ainsi souvent s'asseoir sous la tente de l'ennemi. — Je t'ai appris le mariage clandestin de l'infant, je te livre ses deux enfants; maintenant c'est aux fureurs de cette reine à me servir. Les périls de tout ce qu'il a de cher au monde rappelleront don Pèdre à Lisbonne.
Je ne tarderai pas à l'y suivre, car je ne crains pas l'armée, mais seulement le généraL
L'ALCilDE.
Je ne puis revenir de mon étonnement, de mon effroi.
ILBARACIN.
Alcade, nous avons ctiacun notre profit dans rette aventure. Que ta reine déploie toute sa vengeance sur Inez et ses deux enfants; plus leurs jours seront menacés, plus ma victoire sera certaine.