ENFANTS
ROMEBO. Pendant que les enfants jouent sur la scène, il se promena
rdreur sans voir l'alcado.
. Pauvres enfants ! si je comprends rien à leur sort, je veux avoir volé les reliques de Notre- Dame-da-Monte. — Oui , voilà deux mois qu'ils sont dans ma chaumière, qu'on a choisie sans doute à cause de son isolement ; mais quels sont leurs parents? Je crois que Dieu le sait mieux que moi. — A moins que leur mère ne soit cette belle dame qui vient de temps en temps les voir comme en cachette, et qui pleure. — Vraiment, à chaque visite, elle laisse une bourse d*or qui contient plus de dollars que le malin diable n'en offrit à saint Antoine dans la tentation ; elle appartient à la cour sans doute. — Mais qu'importe
tout cela? Je lui dois ma fortune, elle peut compter sur mon dévouement. Car me voilà riche, et ce pauvre Gomez peut maintenant chercher une autre femme que ma fille Alix. — Comme ils jouent, ces chers petits enfants ! — Que signifie encore cette recommandation qu'on mt' fait de changer leurs noms de baptême?... Qu'importe qu'on s'appelle Hilarion ou Andreo, si l'on n'est pas filsd'une femme qui n'est point mariée!... Mais chut! ces innocents payent peut-être quelque grand crime ou quelque insigne folie... ( n «perçoit laicade.) Que vois -je venir là? C'est l'alcade d'Alpunar. Peste soit!... Rentrez, enfantas.
l'alcade.
Dieu vous garde, père Romero! Vous ave/ là deux jolis enfants. Ne les renvoyez donc pas.
ROMERO
( A part.) Que ta langue t'étrangle ! ( Haut.) Mille grâces, seigneur alcade... des enfants peuvent
gêner... (aux enfants, yite et baissant la voix.) RcUtreZ don<*.
rentrez.
l'alcade.
Non, qu'ils restent, ils sont charmants. Mais il me semblait, père Romero. que vous n'aviez qu'une fille.
ROMERO
En effet, seigneur alcade; mais ce sont les enfants de mon neveu Ferez... qui me les a envoyés au moment où il a été requis de se joindre à la milice qui garde les côtes de Tinvasion des pirates maures.
LE PETIT GARÇON
Cela n'est pas vrai.
l'alcade.
Hum! que dit-il donc là? u part.) Bon!
ROMERO
(Ba» à l'enfant.) To tairas-tu? Ose dire encore un mot. (Haut.) Il parle à sa sœur, sans doute.
l'alcade.
Oui... — On dit qu'une grande dame vient les voir quelquefois.
le petit garçon.
V4 est.. •
ROMERO, bas à l'enfant.
Tais-toi donc! (Haut.) C'est leur marraine qui leur apporte quelques présents de leur âge.
l'alcade.
Quelle est leur marraine, père Romero?
tOMERO.
La... la duchesse de — de Ri vas*. •
LE PETIT GARÇON
Non.
ROMERO, arec colère.
Cesseras- tu, Gil, de parler avec ta sœur?
LE PETIT GARÇON, fièrament.
Je ne m'appelle point Gil , je m'appelle don Pèdre.
l'alcade, à part.
Don Pèdre ! bien , c'est cela.
ROMCRO, à l'alcade.
Si vous vouliez entrer dans ma cabane, pour vous rafraîchir?
l'alcade.
Mille grâces, mon cher Romero. ces enfants m'intéressent!
ROMERO, i i»art.
Le maudit homme ! les damnés enfants I
l'alcade, à la petite fille.
Et VOUS, ma chère fille, cpmment.vous a{H pelle- t-on?
la PETITE FILLE, après une révérence.
Francisca. On m'appelait auparavant IneziUa.
' l'alcade, à part.
Don Pèdre! Inez! à merveille!
LE PETIT GARÇON
Oui, dona Inezilla. C'était votre nom quand nous demeurions dans le vieux château et que le beau prince nous nommait ses enfants.
ROMERO
Songez au moins , seigneur alcade , qu'il ne sait ce qu'il dit. (a part.) Miséricorde !
l'alcade.
(A part). La chose est sûre , le nid est trouvé. Allons tout dire à la reine. (Haut.) Salut, père Romero, que la sainte Vierge vous assiste!
ROMERO
Adieu , seigneur alcade! U part.) Que les démons l'enlèvent!