L'ANTRE DES CYCLOPES
« Écoutez, dit Vulcain, suspendez votre ouvrage, Cyclopes ; d'un héros, fameux par son courage, Il faut forger l'armure, et montrer sans retard Ce que peuvent vos bras et ce que peut votre art. » Tout s'empresse à ces mots, sa voix les aiguillonne ; Dans de vastes fourneaux l'acier brûlant bouillonne ; Déjà ce bouclier qui, dans les jeux de Mars, »
Seul de tous les latins doit affronter les dards, Dans sept orbes de bronze aux regards étincelle ; Sur des brasiers fumants l'or à grands flots ruisselle ; L'un, des soufflets gonflés pressant les vastes flancs, Tantôt chasse à grand bruit, tantôt pompe les vents L'autre plonge l'airain dans l'onde qui frissonne ; Sous leurs vastes efforts l'antre tremblant résonne ; Ceux-ci courbent le fer qu'ils tournent sur les feux ; Ils frappent ; soulevé par leurs bras vigoureux, Le marteau, bondissant sur le métal sonore, Tombe à coups cadencés, remonte, et tombe encore.