SCÈNE VIII
Les Précédents, excepté le geôlier.
ROMERO, à don Pèdre.
Seigneur, je ne vous connais pas, mais je crois voir des larmes briller dans vos yeux. Hélas ! si vous vouliez, si vous daigniez m'aider, il nous serait facile de sauver la prisonnière. Ah ! je vous en aurais une reconnaissance éternelle ; et l'infant don Pèdre n'oublierait pas ce service.
DON PÈDRE, surpris.
Comment ?
ROMERO
J'expose ma tête peut-être, seigneur, maïs je vais tout vous dire. C'est à moi que dona Inez avait confié ses enfants, ces malheureux enfants qui l'ont perdue. Ses bienfaits m'ont tiré de l'indigence ; mon dévouement la tirera du péril, ou je succomberai. C'est dans ce dessein que je me suis aujourd'hui introduit dans cette prison comme guide de ces enfants, et ne prévoyant pas qu'on me ferait garder par un officier. Maintenant, noble seigneur, vous pouvez la sauver avec moi ou me perdre avec elle.
DON PÈDRE. Il serre vivement la main de Romero.
Tu es un brave et digne vieillard.
ROMERO
Seigneur, voici dona Inez. Silence ! (Inez entre,
accompagnée de gardes, et enchaînée.)