‹ Victor Hugo, Waterloo, NapoléonChapitre 25 sur 38 · COUPLETS SUR LA JOURNÉE DE WATERLOO · texte numérisé non relu

COUPLETS SUR LA JOURNÉE DE WATERLOO

Air : Muse des bois et ses accords champêtres.

De vieux soldats m'ont dit : « Grâce à ta Muse « Le peuple enfin a de3 chants pour sa voix. (( Ris du laurier qu'un parti te refuse, « Consacre encor des vers à nos exploits. « Chante ce jour qu'invoquaient des perfides « Ce dernier jour de gloire et de revers. » — J'ai répondu, baissant des yeux humides : (( Son nom jamais n'attristera mes vers. »

Qui dans Athène, au nom de Chéronnée Mêla jamais des sons harmonieux?

Par la fortune Athène détrônée Maudit Philippe et douta de ses dieux.

Un jour pareil voit tomber notre empire, Voit l'étranger nous rapporter des fers, Voit des Français lâchement leur sourire. Son nom jamais n'attristera mes vers.

<( Périsse enfin le géant des batailles !

<( Disaient les rois; peuples, accourez tous!

« La Liberté sonne ses funérailles ;

<( Par vous sauvés, nous régnerons par vous ! »

Le géant tombe, et ces nains sans mémoire

A l'esclavage ont voué l'univers.

Des deux côtés ce jour trompa la gloire.

Son nom jamais n'attristera mes vers.

WATERLOO — NAPOLÉON 2i"

Mais quoi ! déjà les hommes d'un autre âge De ma douleur se demandent l'objet.

Que leur importe, en effet, ce naufrage? Sur le torrent leur berceau surnageait.

Qu'ils soient heureux ! leur astre, qui se lève, Du jour funeste efface les revers Mais, dût ce jour n'être plus qu'un vain rêve, Son nom jamais n'attristera mes vers.

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