CONCLUSION
émules : « Il avait les vues larges, l’ampleur des idées, » la composition simple, tout ce qu’il faut enfin pour être » un grand architecte. En résumé, son talent, son imagi- » nation le portaient surtout aux aspects grandioses plutôt » qu’aux délicatesses de l’art; il avait raison, c’est là » qu’est le beau ! Périsse cent fois le détail si la masse » est heureuse. A ce point de vue, le seul vrai, Louis fut » un grand génie ! »
L’homme eut sans doute les défauts et les faiblesses de son temps, que le devoir de l’historien ne permet pas de taire; mais il eut aussi les qualités brillantes de ce monde élégant dans lequel il vivait. Après tout, ci il ne faut exiger des hommes et des esprits que ce qu’ils peuvent à chaque époque nous donner». Un siècle plus tôt il eût été le rival de Mansart; cent ans plus tard, alors que d’immenses entreprises trouvaient d’abondants capitaux, que n’eût-il pas créé? Laissons ces hypothèses et ne retenons de la figure de Louis que ce qui ressort, en haut-relief, de son autobiographie : un artiste plein de fougue et d’idées majestueuses, d’une persévérance infatigable, d’une activité dévorante; un dessinateur habile, un constructeur savant, un compositeur hors ligne.
Que d’individualités ignorées parmi celles qui le combattirent et lui dénièrent sinon, le mérite, au moins la supériorité! Mais les clameurs de l’envie se sont éteintes; les grues , dont parlait Beaumarchais, ont disparu dans le ciel de l’oubli, et le burin de l’Histoire a gravé de nouveau, sur ses tables d’airain, un souvenir glorieux, un nom : Victor Louis!