‹ Victor Louis, architecte du Théâtre de BordeauxChapitre 6 sur 86 · PROLE ET PARTV FELIX · texte numérisé non relu

PROLE ET PARTV FELIX

et à l’exergue, on lit :

DVX BVRGVNDIÆ DELPHINI FIL. LVD. XV. NEPOS NATVS XIII. SEPTEMBR1S MDCCLI i.

Ce procès-verbal est signé par Gabriel, Boffrand1 2, Cotte, Lespée, Tanevot, Billaudel, Lassurance, de Luzy, Chevautet, Hazon, Contant, Beausire, de Vigny, Blondel, Lespée, Le Bon, Mansart de Levy, L’Ecuyer, Aubry, Camus, Loriot et Soufflot.

1 VIIe registre, p. 276. — A propos de la médaille d’argent qui fut donnée à Louis comme troisième prix, et qui était semblable à celle d’or que reçut le premier prix, il est bon de faire observer que l’Académie royale d’Architecture n’avait pas de médaille spéciale pour récompenser les succès de ses élèves, comme en obtiennent, de nos jours, les lauréats de l’Académie nationale des Beaux-Arts. Ces médailles avaient été frappées à l’occasion des principaux événements du règne de Louis XV, soit en l’honneur de la naissance des princes, du rétablissement de la santé du Roi, ou pour la construction de quelques monuments. Celle décernée à Louis rappelait la naissance du duc de Bourgogne, né le i3 septembre 1751. Plusieurs de ces médailles, renfermées dans une boîte de plomb, ont été déposées dans les fondations de la porte Bourgogne, à Bordeaux. (Note extraite des Archives départementales de la Gironde: Fonds de V Intendance.)

2 C’est 1 avant-dernière fois que Boffrand signa sur le registre de l’Académie. On trouve encore son nom à la date du 17 décembre 1753; mais, dans la séance du 4 mars 1754, il prévint ses confrères de 1 indisposition qui le retenait chez lui, et l’Académie délégua un de ses membres pour s’informer de son état. Boffrand mourut le 18 mars, et le Ier avril 1 Académie procéda à l’élection de son successeur. Boffrand était né à Nantes, paroisse Saint-Léonard, le 7 mars 1667.

SON ENFANCE — SES PREMIERES ETUDES. l5

En 1754, le lundi i3 mai, l’Académie donna pour sujet de concours :

« Un salon accompagné de trois autres plus petits disposés » triangulairement et régulièrement autour du plus grand, en » sorte que la masse générale de l’édifice ressemble à un triangle » dont les angles sont coupés et dont les côtés sont droits ou » courbes.

» Le salon du milieu aura dix toises de diamètre dans œuvre ; » il pourra être précédé de vestibules et sera plus élevé que les » autres. Les élèves auront la liberté de l’éclairer comme bon » leur semblera. Ce grand salon sera destiné à des assemblées » générales des trois arts : Peinture, Sculpture, Architecture, et » sera décoré relativement à ces trois arts. Les trois autres salons b serviront aux assemblées particulières de chacun de ces arts, » et chacun d'eux sera décoré relativement à l’art auquel il est » destiné. L’échelle des dessins au net sera de un pouce et demi » pour toise '. »

b L’Académie recommande que les esquisses soient assez bien terminées pour qu’on n’en puisse point changer les proportions générales en les mettant au net, et qu’elles soient composées sur une échelle que les élèves prendront à volonté; sans quoi les esquisses ne seront point reçues. »

Sept jours après la remise du programme, le 20 mai, l’Académie examina les esquisses des élèves pour faire le choix de celles qui méritaient d’être mises au net, afin de concourir aux prix. Les neuf meilleures, qui furent choisies dans l’ordre suivant, avaient pour auteurs :

Les sieurs Springlin (?), élève de MM. Loriot.

Chauffard, —

Billaudel, • —

Jardin, —

Hélin, —

Bugni, —

Pinot, —

Ganeval, —

Louis, élève de l’Académie, qui a déjà eu un prix.

Contant, son père.

Loriot et Tanevot.

Loriot.

Soufflot.

Loriot.

Luzi.

1 VIIe registre, p. 286.

iG

« L’Académie demande que les dessins au net soient faits sur une échelle d’un pouce et demi pour toise, et qu’ils soient exposés dans l’Académie, pour être examinés, le lundi 20 du mois d’août, afin qu’on les puisse juger et distribuer les prix le 2 de septembre. »

Le VIIe registre qui donne tous ces détails contient encore, à la date du 20 mai, diverses dispositions qu’il est curieux de reproduire pour donner une idée plus complète des usages de l’Ecole à cette époque.

« L’Académie recevant toutes les années des plaintes de la part des élèves et des accusations contre ceux qui ont le mieux réussi, et voulant empêcher autant qu’elle le peut toutes les irrégularités, elle déclare que ceux qui admettront qui que ce soit dans leur loge, soit étranger ou quelqu’un de leurs confrères, seront déchus des droits de prétendre aux prix. Et comme elle est informée que, sur la fin du travail, les élèves se font aider pour laver leurs plans, elle déclare encore que ceux qui se feront aider, en quoi que ce soit, par des mains étrangères, même par leurs confrères, seront aussi déchus de leurs droits aux prix. Enfin, l’Académie voulant prévenir autant qu’il est possible tous les abus, elle défend absolument aux élèves d’entrer dans les loges avant six heures du matin et d’y rester passer huit heures du soir. »

Le premier prix de cette année fut décerné à Pierre Hélin; Jean-René Billaudel eut le deuxième, et Henri Jardin le troisième. Mais il est intéressant de constater que les autres concurrents, sauf Ganeval dont il n’est plus question, furent aussi l’objet d’une distinction très flatteuse, comme le prouve le procès-verbal de la séance du 2 septembre 1754.

« L’Académie ayant été extrêmement contente des cinq autres dessins qui ont concouru, M. le Directeur général a bien Voulu,

pour en marquer sa satisfaction, gratifier MM. Nicolas Springlin(?),

Louis-Nicolas Louis, Balthazar- Philippe Bugni, Edme Pinot, Jean-Baptiste Chauffard, qui les ont composés, sans mettre

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