LUDOVICUS XV. PI VS MÜNIFICUS
et au revers, la place et le portail de Saint-Sulpice; et au-dessous
on lit : •
S. SUPLICII AREA M. DCC. LIV.
» L’Académie ayant été contente des cinq autres desseins marqués B-C-D-F-G qui ont concouru, M.le marquis de Marigni, pour marquer sa satisfaction aux sieurs Chauffard, Cordier, Le Febvre, Le Maire et Houdon, qui en sont les auteurs, sans mettre entr’eux d’autre ordre que celui des lettres par lesquelles leurs desseins sont cottes, leur a donné des médailles, en forme de gratification, sans tirer à conséquence pour 1 avenir.
» Signé : Gabriel, de Lassurance, Garnier d’Isle, Billaudel, Hazon, Blondel, Lespée, Mollet, de Vigny, Tanevot, Loriot, Contant, Camus, Beausire l’aîné, Soufflot, de Luzy, Chevautet, Beausire, L’Écuyer. » (VIIe reg., p. 3n-3i2.)
C’est à la suite d’un si brillant succès que Louis partit pour l’Italie, ou du moins qu’il fit de vives instances afin d’obtenir au plus tôt le brevet de pensionnaire du Roi.
VOYAGE ET SEJOUR EN ITALIE
VOYAGE ET SÉJOUR DE LOUIS EN ITALIE ÉTAT DE L’ACADÉMIE DE FRANCE A CETTE ÉPOQUE
En 1755, les pensionnaires de Rome, ou plutôt les pensionnaires du Roi, ne bouclaient pas leur sac de voyage au lendemain de la distribution des prix, puisque Louis, six mois après son grand succès d’école, était encore à Paris, sollicitant auprès de M. Cochin, secrétaire perpétuel de l’Académie de Peinture1, l’expédition de son brevet.
Voici la lettre que ce dernier écrivait à M. de Marigny, directeur général des bâtiments du Roi :
« Monsieur,
» Vous m’aves ordonné de vous faire souvenir des sollicitations » de M. Louis, élève de l’Académie royale d’Architecture, pour » obtenir la pension du Roy, à l’Académie royale de Rome, où il » y a des places vacantes. Il est nécessaire, pour cet effet, qu’il » vous plaise lui faire expédier un brevet dans la formule ordinaire » qui est au bureau, à Versailles, et ensuite l’ampliation de trois » cents livres, qu’il est d’usage d’accorder pour le voyage.
» Je suis, avec un profond respect,
» Monsieur,
» Votre très humble et très obéissant serviteur, » Ce 20 avril 1756. » 11 CoCÜIN.
1 Charles-Nicolas Cochin, né à Paris en 1715, mort le 29 avril 1790, garde des dessins du cabinet du Roi. Il fut aussi savant dessinateur qu’habile graveur.
D’après l’article V du règlement de l’Académie, le droit d’aller à Rome était subordonné à la volonté du Roi. ( Dictionnaire de l’Académie des Beaux Arts, t. I, p. 91.)
En marge est écrit de la main du Directeur général : A M. Périer, pour l'expédition
Trois mois s’écoulèrent encore avant que sonnât l’heure du départ, et ces retards s’expliquent bien mieux par le piteux état des ressources mises à la disposition du surintendant que par sa négligence. Qu’on en juge par cette correspondance de M. Cochm avec le contrôleur général Bertin1 2 et du marquis de Marigny avec le directeur Natoire3.
Bien que les détails de cette correspondance soient ultérieurs au départ de Louis de Rome, ils nous initient à l’état déplorable dans lequel se trouvait à cette époque l’administration des Bâtiments, Arts, Académies et Manufactures du Roi, et nous donnent les motifs qui amenaient tant de lenteur à la remise des brevets aux jeunes pensionnaires :
«.... Il m’en coûte, Monsieur, plus que je ne puis avoir » l’honneur de vous le dire, de vous solliciter afin d’obtenir des » fonds pour les batimens. Souffrez que je vous observe que des » promesses ne sont point des secours pour des maux aussi » pressants que les leurs ; ils ont besoin d’en avoir de réels, et s’ils » n’arrivent pas sans délays, leur anéantissement entier, celuy des » Académies de Rome et Paris, celui de l’École des élèves » protégés des manufactures des Gobelins et de la Savonnerie » sont certains.
» L affreuse misère de tous les employés et gagistes attachés au » service du Roy dans cette partie, ne me permet point de vous » épargner de nouvelles sollicitations.
1 Archives nat., série O, 1940. Communiquée par M. Olivier Merson.
2 Bertin (Henri-Léonard -Jean - Baptiste), contrôleur général des
finances en 1769, ne dans le Périgord en 1719, mort en 1792; zélé protecteur des lettres et des arts. /y ’
3 Natoire (Charles -Joseph), peintre et graveur, né à Nîmes le 3 mars 1700, mort a Castel - Gandolfo, près de Rome, le 29 août 1777 • nomme directeur de l’Ecole de Rome en ,75t. ( V illot. Notice des ^sérieft.'t ?°“'p) kC°le frança‘Se- -^ctte des Beaux-Arts,
VOYAGE ET SEJOUR EN ITALIE
» Je vous supplie, Monsieur, de me marquer si vous voulez que » tout périsse; je ne puis croire que ce sont vos prétentions.
» Vous m’avez paru trop bien disposé pour en avoir la moindre » idée; mais, comment sans argent, très promptement remis au » trésorier, parer au désastre sur le point d’éclater 1 ? »
Et M. Bertin répondait :
« Le Roy connaît cette situation et promet des fonds sur sa » cassette.
» J’ay marqué à M. Natoire que je voulois soutenir l’Académie » de Rome sur le pied où elle est et j'espère que nous parvien- » drons à ne rien supprimer dans l’École, à Paris, des élèves » protégés. »
M. de Cotte2 était prié de faire l'avance des fonds nécessaires à la distribution des prix de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture3. Et M. le Directeur de l’Académie de France, à Rome, recevait cette dépêche de M. de Marigny :
« A Versailles, ce 24 décembre 1760.
» J’ay suspendu, Monsieur, de répondre à votre lettre du mois » dernier pour pouvoir vous marquer que j’avois fait compter à » M. Caccia, banquier à Paris, toutes les avances que vous avez » faites à Rome, conformément à votre reconnaissance. J’y suis » parvenu depuis le 18 de ce mois. Cet elfort ne doit point vous » engager à moins d’économie. La difficulté de fournir aux » dépenses d’un établissement que je désire soutenir doit me » porter à éloigner, autant qu’il sera possible, la nécessité de tirer » sur la caisse des batimens du Roy. Je vous le répète,
1 Archives nationales, série O. Registre compris dans la liasse 10,026, f° 229. Le banquier avait avancé plus de 2,5oo liv. pour la subsistance de l’Académie et refusait de continuer; tous les fournisseurs faisaient de même; les bâtiments de l’École réclamaient d’urgentes réparations; les employés et gagistes se trouvaient réduits aux dernières extrémités et ne pouvaient obtenir aucun crédit.
2 Jules- Robert de Cotte, architecte français, reçu à l’Académie d’ Architecture en 1714.
3 Archives nationales, Département des Académies, série O, n» 10,026, f« 282.
» Monsieur, c’est dans le temps de détresse qu’il faut faire en » sorte d’ayder de votre crédit; il ne sera point compromis, mais » quelques mois de délay en semblable conjoncture sont secou- » râbles.
» Nos arrangements ont été formés pour entretenir à l’Aca- » démie de Rome douze pensionnaires. Je ne suis pas d’avis d’en » diminuer le nombre; je laisserai donc subsister les choses telles » qu’elles sont... i »
Ainsi, douze élèves seulement pouvaient être admis à l’Académie, et l’on ne procédait à des admissions que lorsque des places devenaient vacantes. Toujours est-il que les instances de Louis furent couronnées de succès, puisqu’il obtint la pension de Rome en même temps que son camarade Hélin, ancien premier prix d’architecture de 17542, et devança Maréchaux, premier prix de 1755.
Louis et son camarade Hélin quittèrent très probablement Paris peu après la remise de leur brevet et s’acheminèrent vers l’Italie par la Provence, le golfe de (jênes et le littoral de la Toscane; ce voyage leur prit plus de deux mois et nous explique l’époque de leur arrivée à Rome, indiquée dans une lettre du 22 septembre 1 756 3, de Natoire au marquis de Marigny :
« .... Le sieur Louis, architecte et pensionnaire, vient d’arriver.
I Registre des Académies, f« 401. M. Lecoy de La Marche dit que les prétendues avances faites et réclamées par le directeur Natoire provenaient «de l’irrégularité de ses comptes, mais non de sa bonne foi. n {Galette des Beaux-Arts, 1 « série, t. i, p. 147.)
- Voici le texte d’un brevet de la gratification qu’on délivrait aux pensionnaires de l’Académie : 26 juin 1 756. Ce jourd'hui, M. le marquis de Marigny a donné ordre d’expédier une ordonnance de la somme de trois cens livres, ,à prendre sur les fonds des dépenses imprévues, au profit du sieur l terre Melin, l'un des élevés architectes de l’Académie royale, établie a ! arts, pour indemnité des frais de voyage à lut accordée pour se 1 endie a celle de Rome, à laquelle il vient d'èire nommé élève pensionnaire par brevet du 12 may iyb6, . . . 3oo liv
' Arc h. nat. Registre compris dans la liasse série O, n» 10,026, p. 44.'
VOYAGE ET SEJOUR EN ITALIE
» Les sieurs Briard et Godefroy1 désirent passer encore l’hiver à » Rome, à leurs dépens; cela leur donneroit le tems de finir » quelques éludes qu’ils ont commencées. Dès que je trouverai h une occasion sûre de quelque bâtiment, je ferai le rouleau du » tableau de Marc Antoine , avec les autres copies, pour avoir » l’honneur de vous l’envoyer. Je viens de recevoir de Venize, de » M. l’abbé Frassety, les deux figures en plâtre moulées sur le » Méléagre antique et la Sainte Bebionne de Bernin2; cela » augmente le nombre des belles choses que nous avons; il n’a a pas voulu généreusement que l’Académie entrât dans aucun » frais de transport, ni d’aucune autre dépense; j’ai fait présent à » son valet de chambre de quelques paires de bas.
» J’ai l’honneur d’être, etc.
» Natoire. »
Ce bon Natoire ne pouvait plus économiquement répondre aux largesses de l’abbé Frassety; mais laissons là ses hommages au valet de chambre du généreux abbé et son envoi, par une occasion sûre, du tableau de Marc Antoine, pour bien constater l’arrivée de Louis à Rome que M. Lecoy de La Marche fixe au 18 septembre 1 756 3, et surtout pour reproduire la copie d’une lettre du jeune pensionnaire, également adressée à M. le marquis de Marigny.
1 Briard, premier prix de peinture en 1749. Godefroy ne figure pas au nombre des lauréats de l’Ecole.
2 Bernini (Giovanni-Lorenzo"), dit le cavalier Bernin, peintre, statuaire et architecte italien, né à Naples en 1598, mort le 28 novembre 1680.
3 La Galette des Beaux-Arts , 2e période, t. I, p. 128 et suivantes, a publié une série d’articles très intéressants de M. Lecoy de La Marche sur la correspondance des Directeurs de l’Académie de France à Rome de 1666 à 1792; mais on n’y trouve point les lettres que nous publions dans cette biographie, celle du 19 septembre 1769 exceptée. Et même cette dernière présente des variantes sensibles avec la leçon que nous donnons ici, d’où l’on doit conclure que M. Lecoy de La Marche et nous n'avons pas puisé aux mêmes sources, quoique dans le même fonds. Le régistre où nous avons trouvé les documents concernant l’Académie de Rome, doit être un livre de bureau ou sorte de copie de lettres; et du reste, les numéros de la série O, indiqués par M. Lecoy de La Marche, ne sont pas les mêmes que ceux des documents que nous produisons dans ce chapitre, extraits des Archives nationales, Département des Académies, n° 10,096.
20 septembre 1756.
» Monsieur, me pardonnerez-vous la témérité de vous instruire » de mon arrivée à Rome? Vos bontés m’y ont conduit, qu’elles » m’y suivent, et qu’à mon retour je les éprouve encore. Voilà » toute mon ambition. Si mon zèle et mon application dans cette » nouvelle carrière des talens que vous m’avez ouverte peuvent » obtenir votre suffrage, je n’oublierai rien pour le mériter, et si » j’ose espérer quelques succès, c’est en me souvenant sans cesse, » Monsieur, que je marche sous les auspices d’un protecteur » illustre et éclairé.
» Je suis, etc. » Louis. »
Eh quoi! ce sont les bontés du marquis de Marigny qui ont conduit Louis en Italie, et lui ont fait obtenir de si beaux succès! Et toute son ambition se borne à retrouver, à son retour en France, les faveurs du surintendant! Comme Louis comprenait bien son époque et comme il parle avec facilité le langage des courtisans! Cela promettait, et sous ce rapport Louis a largement tenu parole.
Le pauvre Helin, dont l’existence s’est éteinte dans une honorable et fort obscure médiocrité, avait aussi annoncé son arrivée à l’École de Rome; mais il s’en faut de beaucoup que la rédaction de sa lettre ait le style de la précédente.
La réponse du marquis de Marigny ne se fît pas longtemps attendre; le ti octobre 1756, il écrivait à M. Natoire :
«J’ay reçu les lettres du sieur Louis et du sieur Hélin; » recommandez-leur de ma part de faire tous leurs efforts pour » profiter de la grâce que le Roy leur a accordée. C’est le seul » moyen de m’intéresser en leur faveur . »
Profiter de la grâce accordée par le Roi ! C’était donc pat elle que le talent de Louis pouvait se développer, et non
VOYAGE ET SEJOUR EN ITALIE
par suite de son travail et de l’émulation que lui avaient donnée des récompenses si légitimement obtenues? Quel souverain mépris du mérite personnel dans tout ce verbiage de cour, et qu’ils furent coupables les grands parvenus d’alors de me pas imiter plus souvent le bel exemple donné par Louis XIV, en des jours heureux, lorsqu’il accueillait Molière à sa table, ou recevait amicalement, à Versailles, en costume très négligé, le rustique Le Nôtre ou le courageux Jean-Bart!
Mais trêve de réflexions, revenons à notre intéressant pensionnaire.
A peine est-il installé à l’Académie et a-t-il fait des visites multipliées aux monuments de Rome, que l’année touche à sa fin. Aussi le jeune Louis se hâte-t-il, à l’approche du premier jour de l’an, de se rappeler au souvenir du marquis de Marigny.
«A Rome, ce i5 décembre 1756 1.
» Monsieur,
» Au milieu des hommages mérités dont vous êtes entouré » dans ce jour, oserois-je me flatter que vous jetterés un regard « favorable sur celui que me dicte la reconnaissance et le respect? » Vos bontés ont fixé mon destin. Tout ce qui peut les cultiver » m’est toujours précieux, et comme je me les retrace sans cesse, » je saisis toutes les occasions de vous témoigner combien j’y » suis sensible.
» Je suis, avec un profond respect,
» Monsieur,
» Votre très humble et très obéissant serviteur.
» L.-N. Louis,
» Pensionnaire du Roy. »
Il n’est pas indifférent, dans cette biographie, de rappeler les noms de quelques artistes qui se trouvaient
1 Archives nationales, série 0, 1940. Communiquée par M.O.Merson.
à Rome de ry56 à 1769, — de ceux, bien entendu, qui ont laissé des souvenirs dans l’histoire de l’art français, — le milieu dans lequel s’écoule l’existence d’un homme influant toujours sur son caractère et sur son talent.
Parmi les douze pensionnaires de l’École étaient alors :
Fragonard (Jean-Baptiste-Honoré), élève de Boucher, « ami de la joie, ennemi de la gêne et de la contrainte»';
Charles-Antoine Bridant1 2 et Pierre Berruer3 4, que nous retrouverons avec Louis à Chartres, quelques années plus tard.
Des élèves architectes, pas un seul de cette période, hormis Louis, n’a laissé de réputation; où sont les monuments construits par Maréchaux, Lemaire ou Cherpitel *?
Louis dut avoir des rapports avec Hubert Robert5, le peintre des ruines, protégé du duc de Choiseul. a C’est un bon sujet, disait de lui Natoire, et qui travaille avec
1 Fragonard (Jean-Baptiste-Honoré), peintre, né à Grasse (Provence) en 1732, et mort à Paris le 22 août 1806; premier prix de peinture en 1752. (Voir la Nouvelle Biographie de F. Didot, t. XVIII, c. 425.)
2 Bridant (Charles-Antoine), sculpteur, né en 1730, à Ruvières, en Champagne, mort le 28 avril i8o5; grand prix de Rome en 1752; auteur du groupe de l'Assomption , dans le chœur de la cathédrale de Chartres.
3 Berruer (Pierre-François), né à Paris le 17 décembre 1733; premier prix de sculpture en 1756 (prix réservé de 1755), reçu membre de 1 Académie royale de Peinture et de Sculpture le 22 février 1770, mort au Louvre, le 4 avril 1797* H est bon de faire observer que tous les pensionnaires n’étaient pas toujours d’anciens condisciples, par la raison bien simple que l’École de Peinture et de Sculpture était tout a fait distincte de l’École d’Architecture ; toutes deux avaient été fondées par Colbert, mais à deux dates différentes: la première en 1648 et la deuxième en 1671. (Voir 1 1 Dictionnaire des Beaux-Arts, t. I, p. 99.)
4 Lauréats de l’Académie d’Architecture de 1755 à 1757.
5 ^UA^ert. R°bert» néà Parisen 1733, mort subitement le i5 avril 1808. M. de Marigny lui accorda la pension à l'École de France; il fut l’ami ce Greuze et de Grétry, qui se réunissaient dans sa maison d’Auteuil, la
avait appartenu à Boileau. ( Nouvelle Biographie, vol. XLII,
COl. jo2.)
VOYAGE ET SÉJOUR EN ITALIE. 2g
une ardeur infinie. » Il fut reçu en 1766 à l’Académie de Peinture comme peintre d’architecture.
En dehors de l’École, Jean-Baptiste Greuze1 était également à Rome à cette époque, et Grétry 2 y arrivait en 1759, juste au moment du départ de Louis.
D’après la correspondance du directeur Natoire et du marquis de Marigny, les pensionnaires de l’École de France étaient d’humeur bruyante et querelleuse; un certain souffle d’indépendance, d’indiscipline même, régnait parmi eux. Aussi ce pauvre Natoire, celui de tous les directeurs, depuis Charles Errard3, dont le directorat fut le plus prolongé, s’efforçait-il en vain de maintenir le règlement du 1 ( février 1766, qui semblait plutôt rédigé pour la discipline d’un cloître que pour une école de jeunes artistes. Qu’on en juge par ces quelques articles :
« Premièrement. L’Académie de Peinture, Sculpture et Architecture sera composée de douze jeunes hommes François, de religion Catholique, Apostolique et Romaine, sçavoir : six Peintres, quatre Sculpteurs et deux Architectes, sous la conduite et direction d’un Peintre du Roy, qui sera estably Recteur de ladite Académie, auquel ils seront obligés d’obéir avec toute sorte de soumission et de respects.
»> II. Il sera achepté ou loué une maison dans laquelle seront pratiqués deux grands atteliers : l’un pour les Peintres, l’autre
1 Né à Tournus en 1725, mort à Paris en i8o5. Il était à Rome de 1756 à 1757.
2 Grétry (André-Ernest-Modeste), né à Liège (Belgique) le 1 1 février 1741. Il vint à Rome à l’âge dedix-huitans, en 175g; en 1767, Grétry partit de Rome et se trouvait en 1769 à Paris, où il mourut le 24 septembre 1 8 1 3.
3 Errard (Charles), né à Nantes vers 1606, mort le 29 août 1677 à Castel-Gandolfo, près de Rome; premier Directeur de l’École, de 1666 à 1672. Natoire fut le neuvième, de 1751 à 1774, c’est-à-dire pendant vingt-trois ans. (Voir la liste des Directeurs de l’Ecole de Rome, de sa fondation à i852, dans le Dictionnaire de l'Académie des Beaux-Arts. Paris, F. Didot, 1 858, t. I, p. 9?.)
pour les Sculpteurs, et au-dessus de la porte de ladite maison seront mises les armes du Roy, avec cette inscription. (L’inscription manque.)
» III. La maison où sera establie l’Académie étant dédiée à la Vertu, doit estre en singulière vénération à tous ceux qui y logeront; partant, s’il arrivoit qu’aucuns vinst à blasphémer le saint nom de Dieu, ou parler de la religion ou des choses saintes par dérision et par mépris, ou proférer des paroles impies et deshonnestes, il en sera chassé et descheu de la grâce qu’il a pieu à sa Majesté de lui accorder.
» IV. Il y aura une étroite union et correspondance entre les estudians de ladite Académie, parce qu’il n’y a rien de plus contraire à la Vertu que l’envie, la médisance et la discorde. Et si quelqu’un estoit enclin à ces vices et qu’il ne s’en voulust pas corriger après quelques réprimandes, il seroit pareillement descheu des grâces de sa Majesté.
» VI. Tous lesdits Estudians mangeront ensemble avec leur Recteur, qui en ordonnera un par jour ou par semaine pour [lire] l’histoire pendant le repas, estant très important qu’ils en soyent bien instruits.
» VII. Ils se lèveront en esté à cinq heures précises, et en hiver à six, et se coucheront à dix heures, et observeront ponctuellement les matins, aussytost qu’ils seront levés, et les soirs, avant qu’ils se couchent, de se rendre au lieu qui sera destiné par leur Recteur pour y faire la prière, à laquelle ils assisteront avec toute l’attention et la modestie requises.
» XI. Et comme l’expérience fait connoistre que la pluspart de ceux qui vont à Rome n’en reviennent pas plus sçavants qu’ils y sont allés, ce qui provient de leurs débauchés ou de ce quau lieu d’estudier, d'après les bonnes choses qui devroient lormer leur génie, ils s’amusent à travailler pour les uns et pour les autres, et perdent absolument leur temps et leur fortune pour un gain de rien qui ne leur fait aucun profit, Sa Majesté detfend absolument à tous ceux qui auront l’honneur d’estre entretenus dans ladite Académie, de travailler pour qui que ce soit que pour Sa Majesté, voulant que les Peintres fassent des copies de tous les beaux tableaux qui seront à Rome, les Sculpteurs des statues d après l’antique, et les Architectes les plans et les élévations de tous les beaux palais et édifices, tant de Rome que
VOYAGE ET SEJOUR EN ITALIE. 3l
des environs, le tout suivant les ordres du Recteur de ladite Académie1.»
Les articles de ce règlement, insérés dans l’histoire de la création de l'Académie, et la correspondance des Directeurs, publiée par M. Lecoy de La Marche, c’est tout ce qu’on possède jusqu’à présent sur l’École de France à Rome aux xvne et xvme siècles. Les Archives de l’ancienne Académie royale d’Architecture ne contiennent pas de rapports sur les travaux des élèves, antérieurement à 1782, puisque ce n’est que dans la séance du 19 décembre 1781 qu’une motion, à ce sujet, fut présentée et acceptée par l’Académie2. D’un autre côté, c’est vainement que des demandes de renseignements ont été faites à M. Le Go, ancien secrétaire-archiviste de la Villa-Medici, par l’intermédiaire de M. des Horties de Beaulieu, chancelier de l’ambassade de France, car la lettre suivante démontre qu’on ne peut en trouver désormais à Rome.
«Villa-Medici, le 14 mai 1867.
» Monsieur et bien aimable ami,
» Je suis vraiment désolé de ne pouvoir répondre à votre «demande de renseignements au sujet des travaux et de la «personne de M. Louis, architecte, ancien pensionnaire de » l’Académie, que par un fait qui interdit tout espoir de s’en » procurer aucun ici. Les Archives, si tant est qu’il en ait existé » à l’Académie3, avant son installation à Villa-Medici (i8o5), ce
1 Dictionnaire de l’Académie des Beaux-Arts , t. I, p. gi et 92. —
Bien que ces Statuts aient été publiés deux fois, comme dit M. Lecoy de La Marche, et qu’il ait jugé inutile de les reproduire, nous avons pensé que l’exposé de quelques articles de ce règlement ferait mieux comprendre le milieu dans lequel se trouvait Louis.
3 Archives de l’Institut, Registre XI, p. 263.
3 A l’époque du séjour de Louis à Rome, l’Académie était installée au palais du marquis de Mancini, dans le Corso. (Voir Galette des Beaux Arts, 2e période, t. 1, p. 143.)
On trouve aux Archives nationales, série O, n° io,og5, p. 47, une
» dont je n’ai trouvé trace nulle part, pas même dans les livres » qui traitent de son établissement; les Archives, dis-je, anté- » rieurement 3 cette date, ont été détruites ou dispersées à la » suite de l’envahissement et du sac du palais que l’Académie » occupait au Corso, à l’époque de l’assassinat de Basseville, et » mieux encore lors de l’occupation de Rome par les Napolitains, » en 1799.
» Veuillez agréer tous mes regrets et l’expression de mes » sentiments bien dévoués.
» A. Le Go. »
En présence de cette disette absolue de pièces authentiques, comment rendre compte des travaux de Louis pendant son séjour en Italie? Quels sont les plans d’édifices qu’il releva ; quels furent ses projets de restauration de monuments antiques? Or, au lieu d’en être réduit à glaner dans le champ parfois stérile des suppositions, mieux vaut abandonner aux hommes spéciaux le soin de reconnaître, d’après l’étude des œuvres de l’artiste, quels furent ses foyers d’inspiration et les chefs-d’œuvre qui lui servirent de modèles. Ce qui est certain, c’est que Louis ne limita pas ses études aux temples, aux églises, aux palais de Rome ou de ses environs, mais qu’il parcourut toute l’Italie de Gênes à Naples, de Florence à Venise. Cela ressort clairement du passage de son Discours préliminaire, qui accompagne la publication qu’il fit, en 1782, des plans, coupes et élévation du Grand-Théâtre de Bordeaux.
« Ce Plan étoit vaste; mais le Chef de la Province agrandit encore mes idées par l’encouragement dont il a toujours enflammé les talens.
offre du sieur Mancini, du 3 janvier 174G, pour établir l’Académie dans son palais à Rome. Le Dictionnaire de l'Académie des Beaux-Arts commet donc une erreur en disant que «Suvée, artiste distingué, ayant été nommé Directeur de l’Académie de France, s’installa au palais Mancini, qui était, depuis 1795, le siège de cette Académie, installée auparavant dans le palais Capranica. » (T. I, p. 94.)
VOYAGE ET SÉJOUR EN ITALIE. 33
» Pour les esprits à petites vues, qui ne savent que les amortir, ou qui n’admettent rien de grand que dans Paris, le Monument que je proposois d’élever dans Bordeaux auroit paru une idée folle. Qu’ils sachent que l’Italie n’auroit qu’une route, si tous les chefs-d’œuvre dont elle est enrichie étoient dans Rome seule; mais, habitée jadis par des hommes pour qui trois parties de ce globe n’étoient qu’un point, ils les ont répandus dans tous les lieux qu’ils vouloient habiter. Aussi le Voyageur curieux, l’Artiste ardent à s’instruire, vont-ils fertiliser aujourd’hui tous les coins du domaine des anciens maîtres du monde, que le défaut de commerce et de population réduiroit à la misère et à la stérilité. Pourquoi? C’est que de Bayes, de Catanne à Ravenne, d’Ancône à Fréjus et à Orange, les Statues, les Ponts, les Temples, les Aqueducs, les Amphithéâtres et les Arcs de triomphe ont été semés avec profusion1.»
D’après des notes manuscrites de M. Vaudoyer, Louis, pendant son séjour à Rome, se serait occupé de musique et de peinture. De là ses rapports probables avec Grétry, dont il a été déjà parlé, et avec Jean-Baptiste Robin2, l’auteur de l’ancien plafond de la salle de spectacle de Bordeaux. Il est certain que, dès son retour en France, les premiers travaux de Louis tenaient tout autant du peintre décorateur que de l’architecte3. Ce
1 Salle de spectacle de Bordeaux, par M. Louis, 1782, gr. in-f°, p. 1. Les quatre volumes grand in-f° de vues, de dessins de toute espèce dont parle M. Gaullieur, p. 80, étaient probablement un recueil de dessins et croquis faits par Louis en Italie. La perte de ces volumes est bien regrettable, car ils eussent fait connaître quels avaient été les édifices que le jeune architecte avait étudiés préférablement. Le seul dessin que nous puissions indiquer comme ayant été fait à Rome se trouve dans la collection des dessins du Louvre. Ce dessin colorié doit provenir de la collection Mariette; il a pour sujet: Vue de la croix lumineuse de saint Pierre, n° 3o,8Ô2.
2 Né à Paris le 24 juillet 1734, mort à Chouzy, près de Blois, en 1818.
3 Parmi les dessins de Louis qui existent encore, soit à Paris, soit à Bordeaux, quelques-uns présentent une liberté d’exécution qui tient plutôt de la manière des peintres que de celle des architectes; aussi était-ce pour réagir contre cette négligence de précision que Jacques François Blondel, architecte du Roi, s’exprimait ainsi dans son Discours prononcé à l'A cadémie royale d’A rchitecture, au mois de novembre 1 7 56 ,
retour eut lieu dans le mois de septembre 1759; à ce sujet, la correspondance de Natoire va nous fournir encore de curieux détails.
Lettre de M. Natoire à M. le marquis de Marigny ■ .
« Rome, 19 septembre 1759.
» Monseigneur,
» J'ay reçu les deux dernières que vous me fîtes l’honneur » de m’écrire : l’une au sujet des élèves, pour qu’ils soient plus » exacts à vous envoyer tous les six mois leurs ouvrages; l’autre » qui regarde le sieur Robert, qui a été attaqué d’une maladie si » dangereuse qu’on ne croyoit pas qu’il pût en réchapper.
» J’ai reçu par le courrier passé l’arrêté du deuxième quartier » de cette année, dont je vous suis infiniment obligé.
» Les quatre places de pensionnaires, qui doivent être remplacés » par les nouveaux élèves qui sont en chemin, sont actuellement
afin de prouver la nécessité de fonder deux nouvelles médailles pour des prix d’émulation concernant l’art du dessin relatif à l’architecture; discours qui rappelle un peu des scènes de pédagogue de Molière :
“ Rappelez-vous, Messieurs, que, de l’aveu du plus grand nombre des » architectes qui composent cette Assemblée, on est convenu que, depuis » plusieurs années, les élèves qui travaillent pour les grands prix » négligent, faute de certains exercices, la précision, la correction et la » relation qu’ils doivent observer entre la distribution, la décoration et » la construction des projets qui leur sont proposés par vos programmes. » D’ailleurs vous avez remarqué, Messieurs, que la plupart de ces » prix étaient dessinés avec une liberté qui est moins du ressort de » l’Architecture que propre à la Peinture, liberté qu’ils préfèrent, parce » que cette manière de dessiner, vague et indéterminée, masque, pour ” ains> dire» Lur négligence ou leur incapacité sur l’art des développe- » ments sans lesquels, néanmoins, on ne peut atteindre à l’excellence ” de l’Architecture.» (Archives nationales, Série O. Registre des Académies, p, 49,)
1 M. Lecoy de La Marche a publié cette lettre en 1872, dans la Galette des Beaux-Arts, 2e série, t. V, p. 176; mais elle présente des différences sensibles avec celle que nous donnons ici; la lettre de M. Lecoy fournit plus de détails sur la maladie d’Hubert Robert, et a nôtre est plus précise sur les dettes contractées à Rome par Louis, oici 1 indication du volume où nous l’avons recueillie: Archives nationales. Journal des placets, lettres-mémoires, renvois et décisions du Roy et de M. le marquis de Marigny, etc... (Département des Académtes^années i758, i759 et 1760. Registre n" 10,096, in-f»,
VOYAGE ET SEJOUR EN ITALIE
» libres, par le départ des sieurs Hélin, architecte, les deux frères » Brenet et Louis, architecte. Il est de conséquence que je vous » informe de ce qui arrive assez souvent. Plusieurs de ces » Messieurs contractent des dettes de part et d’autre, et partent » sans les satisfaire, ce qui cause des murmures, plaintes, et qui » vont même quelquefois chez M. l’Ambassadeur, qui m’envoye » ces requêtes qui rejaillissent sur moy, ce qui ne fait pas un bon » effet pour l’Académie.
» Des quatre qui viennent de partir, il n’y a que le sieur Louis, » architecte, dont j’ay lieu de me plaindre. Plusieurs, à qui il » devoit, m’en ayant informé pour être satisfaits, je lui ay dit, » avant que de luy donner l’argent de son voyage, qu’il fit honneur » à ses affaires; qu’il devoit à un marchand libraire, nommé Bou- » chard; qu’il ne devoit pas trouver mauvais que je lui retint (sic) » cette somme avec celle qu’il devoit à des personnes qui restent >: dans l’Académie. Son caractère, peu docile et emporté, lui a fait » tenir des termes peu mesurés; que je lui faisois tort et autres » mauvaises raisons qu’il a débité en certaines maisons qu’il » fréquentoit, et, quand il serait à Paris, il en dirait encore plus. » Je ne dois pas m’arrêter à toutes ces misères. Enfin, s’étant » acomodé avec ses créanciers, soit par paroles, soit par billet, » je remis l’argent de son voyage à la personne qu’il m’a envoyé, » ne voulant pas paroître; et il part brusquement sans revenir » de tous ses écarts.
» Je suis, etc.
» Natoire. »
Décidément les élèves architectes n’étaient pas les moins turbulents de ce séminaire des arts, nom sous lequel Natoire désignait parfois l’Académie : c’était d’abord Clérisseau, l’indocile (« le Directeur l’avoit » menacé, lui et ses confrères, de les faire obéir le fouet » à la main » ) ; Louis, dont le caractère vif, volontaire, emporté, nous est connu; Mouton, qui dix ans plus tard devait attacher son nom si pacifique au fameux procès qu’il gagna sur Natoire, par arrêt du Châtelet de Paris.
Aussi le Directeur avait-il bien raison de dire : « Ces
VJCTOR LOUIS.
jeunes cervelles ne sont pas faciles à conduire'.» Et cependant M. de Marigny ne cessait d’adresser au Directeur des instructions sévères :
« Assurez les élèves que si quelqu’un vous manque, vous m’en » instruirez, et je vous invite très fort à me faire connoître les » indociles. En réponse, je vous authoriserai à les éconduire de » l’Académie, et ce sera sans espoir de retour. J’en ferai un » exemple si sévère, que ceux qui voudront rester se confor- » meront à ce que vous prescrirez 1 2 3. »
D’un autre côté, M. Cochin, bien certainement sous l’impression des faits relatifs à Louis et consignés dans la lettre de Natoire du 19 septembre, écrivait à ce dernier, le 6 octobre 1759 :
«Il est indécent que les élèves contractent des debtes sans » être certains de la faculté de les payer, et pour éviter les licences » qu’ils peuvent prendre à cet égard, il paroît que l’on peut y » remédier en rendant leur départ le plus public qu’il est possible, » afin que les loix du pays puissent avoir leur plein effet contre » eux et les retenir, par ce moyen, dans leurs dépenses ; et vous » aurez agréable de recevoir les oppositions qui seraient faites, «par leurs créanciers, sur les gratifications qui leur sont » accordées pour leur voyage.
«Vous excepterez cependant certains cas rares, comme par » exemple s’ils avoient fait quelque promesse de mariage, par » séduction fondée sur les passions de cet âge, qui leur aurait été » extorquée 3. Dans ce cas, il faudrait taire leur départ plutôt que « de le rendre public. Je m’en rapporte à votre prudence sur cet » article, mais dans le cas de debtes contractées, vous pourrez « les abandonner aux suites que mériteraient leurs imprudences. »
1 ^ette des Beaux-Arts, 2<‘ période, t. IV, p. 27J; t. V, p. 120-174.
2 Registre des Académies, liasse 10,025.
3 Dans le manuscrit se trouve une variante ainsi conçue : « et qui ont permis aux prédécesseurs de M. Natoire de ne point apercevoir leur
epart furtif, ce qui est remis à la prudence du Directeur; mais dans le cas e. ebtes contractées, il peut les abandonner aux suites de leur inconsidération. »
VOYAGE ET SÉJOUR EN ITALIE. 37
Trois mois après ce départ peu convenable de l'École, le jeune architecte Louis arrivait à Paris, et si nous ne possédons pas de rapport détaillé sur les travaux qu’il exécuta comme pensionnaire, durant ses trois années de séjour en Italie, nous sommes certains qu’il fit, au point de vue de ses études, le meilleur emploi de son temps. L’extrait suivant des procès-verbaux de l’Académie royale d’ Architecture nous en fournit une preuve éclatante :
Du lundi 10 décembre i7Sg.
« L’Académie étant assemblée, M. Louis, élève de ladite Académie, revenant de Rome, où il a passé trois années comme élève, a fait voir à la Compagnie les dessins et études qu’il a faits d’après les plus beaux morceaux antiques et modernes. L’Académie, après les avoir examinés, en a été très contente et a loué le goust de M. Louis pour le dessin et le bon emploi qu’il a fait de son temps à Rome.
» Signé : Tanevot, Beausire, Aubry, Contant, Pluyette, Blondel, Loriot, Franque, Chevautet, Perronet, Rousset, Le Roy, Le Carpentier, de Luzy, Camus, Soufflot, Brebion. »
(Extrait du VIIIe Registre, p. 3y.)
Oublions donc la conduite inconvenante du jeune pensionnaire, ses torts envers le Directeur, et constatons sous quels heureux auspices Louis entrait, à vingt-huit ans, dans la vie militante de l’Architecte.
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