EXPLICATION DU SECOND POINT
telle seconde connaissance, relative à la bonté et la sainteté infinies de Dieu, consiste en ce que l'homme voit clairement, à l'aide de la lumière divine, comment il ne peut avoir ni bonté, ni sainteté, si ce n'est en Dieu, parce qu'en Dieu résident toute la sainteté, toute la bonté et tons les biens ; lame ne pent donc avoir aucun bien, si Dieu ne les lui donne. On dit avec vérité que Dieu est la bonté infinie, parce qu'il l'est en effet, et que l'étant, aucune créature au ciel ou sur la terre ne peut avoir de bien par elle-même, non plus que si elle n'existait pas ; elle ne peut avoir que celui que Dieu lui communique. Nemo bonus, nisi solus Deus (1). Pour posséder quelque bien, l'âme doit donc le recevoir de Dieu; et, si Dieu le lui donne, comme ce bien est entièrement de lui, il l'ôtera, quand il voudra, à l'âme, à laquelle il ne l'a, pour ainsi dire que prêté. Lame, connaissant que si elle jouit de quelques biens, c'est Dieu résidant en elle, non elle-même qui les a, finit par voir en Dieu tous les biens, et en elle-même le néant.