DÉS
Où trouver des sentiments plus beaux ? C’est ainsi que cette vierge innocente et pure plaidaïit la cause de Dieu même, s’offrant en holocauste pour se faire aimer. Son zèle l’enflammant toujours davantage, elle éprouvait comme des accès de l’esprit apostolique. Elle eût voulu se répandre dans le monde entier, pour y porter le feu dont elle était dévorée. Mais, se voyant retenue dansun cloitre , elle s’écriait : « Oh! que l’impuissance est une cruelle barrière ! Voir tant d’âmes qui se perdent, et vivre dans un petit coin, n’est-ce pas là une douleur plus sensible que le martyre? Par une sainte vocation, je dois me restreindre et prier en silence. Je voudrais faire entendre ma voix aux quatre coins de l’univers pour dire à tout le monde combien Dieu mérite qu'on l’aime. Mais, puisque je dois rester cachée, volontiers je me cache; mais, en me cachant, je vais tâcher de suppléer par mes prières à ce que je ne puis faire par mes paroles. Si je n'avais la prière pour me consoler, ma peine serait sans remède : mais la prière adoucit tous les chagrins. »
Se reportant ensuite sur le passé, elle se reprochait de n’avoir pas suffisamment employé cette arme toutepuissante de la prière. « Quelquefois, dit-elle, je suis dans une telle oppression que je ne sais que faire. Je me transporte d'avance au jugement de Dieu, et il me semble entendre mon juge qui me demande compte des prières que j'aurais dû faire pour les pécheurs, et que je n’aurai pas faites. Alors je sens combien je suis coupable. La douleur de mes péchés devient plus profonde. Je me jette avec confiance et amour dans les bras de Dieu. Parfois ma prière devient si forte, ce me semble , lorsque je l’unis à celle de Jésus et de Marie, que j’ai peine à me contenir. Je suis obligée de gémir et de soupirer comme une pauvre désespérée : les larmes coulent de mes yeux, sans effort, ni violence. C’est surtout devant le très - saint Sacrement que j’éprouve ces sentiments, ou bien le soir après matines,
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