LIVRE V
la terre tout entière avec toutes les âmes saintes qui . l'habitent, les communautés religieuses, etc., si tout cela était à moi, à mon Dieu, et que vous n’eussiez que vos seules perfections, alors, Ô mon Maître, je vous donnerais de grand cœur toutes mes propriétés : le ciel et la terre, la sainte Vierge avec tousles Bienheureux. Oui , je vous donnerais tout cela, afin de vous engager à vous faire aimer des pécheurs. O bon Maitre, ayez donc pitié de tant d’âmes qui se perdent ! O ravissante beauté, serez-vous toujours méconnue? Ah! Seigneur, que voulez-vous que je fasse? Que voulez-vous de moi pour fléchir votre courroux ? Je vous ai déjà tout donné: je n’ai plus rien. A ma profession, je vous ai donné ma volonté, mon cœur, mon àme, mon corps, ma vie, wes forces. Dernièrement je vous ai donné le mérite même de mes œuvres satisfactoires en me consacrant à vous par votre sainte Mère , en qualité d’esclave. Il ne me reste plus rien. Mon cœur, ce me semble, n’a d’attache que pour vous. Mes habits même et ma nourriture ne sont pas à moi : tout appartient à la communauté. Je n’ai plus que la voix qui me reste pour crier miséricorde , pour moi et pour les pécheurs. Eh bien, mon Maitre, je vais faire usage de cette voix, et vous demander le salut de tant de millions de pécheurs. Hélas! mon impuissance augmente ma douleur. O mon Dieu, que n’êtes-vous donc aimé ! »
Ne se lassant point de crier, dans le désir de faire aimer son Dieu et d'obtenir ce qu’elle demande, elle poursuit ainsi : « Si vous trouvez quelque chose en moi qui vous soit agréable, ah! prenez-le bien vite, Seigneur ; et si ma mort doit vous glorifier, retirez-moi du monde; si mes souffrances vous étaient un objet de complaisance, Ô mon Maître, faites-les pleuvoir sur moi, pourvu toutefois que vous veniez aider ma faiblesse. Oui, mon Jésus, je vous donne et vous abandonne tout, sans exiger ni paiement , ni récompense, ni intérêt : votre gloire, voilà tout ce que je veux. »
A ER ES Ps Se ExE