CHAPITRE VII
Guérisons et conversions opérées pendant le séjour de la sœur Coulombe à Saint- Patrice. — Elle est rappelée à la communauté,
Il est écrit que /a prière assidue du juste est très-puissante devant Dieu (1). On ne sera donc point étonné que la prière si humble, si fervente, si persévérante de la sœur Goulombe ait npéré des conversions et des guérisons extraordinaires pendant qu’elle exerçait son office auprès des malades. Dans l'impossibilité de les rapporter toutes, nous nous bornerons à en citer quelquesunes qui pourront faire juger des autres.
Voici d’abord ce que raconte à ce sujet, quelque temps après la mort de la sœur, un forgeron qui avait été soigné par elle à l’hôpital Saint-Patrice. « C'était, dit-il, en 1858. J'exerçais mon métier de forgeron, lorsqu'il
(1) S. Jac., v, 16.
mw’arriva de marcher sur un fer rouge qui à l'instant brûla mon soulier et m’attaqua le pied , au point qu’il se forma douze plaies qui me firent horriblement souffrir pendant des années entières. Durant ce temps, j'eus recours à plusieurs médecins célèbres de Toronto, de Québec et de Montréal; mais, n’éprouvant aucun soulagement , je pris le parti d'aller à l'hôpital Anglais, sachant qu’il y avait là de très-bons docteurs. Ils me déclarèrent tous que le mal était incurable, et qu’il fallait nécessairement subir une amputation. Ne pouvant m'y déterminer, je partis et me fis admettre à l'hôpital Saint-Patrice , où la sœur Coulombe était pharmacienne. Le docteur me visita et me reconnut, se ressouvenant de m'avoir déjà vu à l’hôpital Anglais, et il me dit, comme tous les autres, qu’il n’y avait aucun espoir de guérison, et qu’il fallait consentir à me faire couper la jambe. Après la visite du docteur, la sœur Coulombe vint me voir, et me dit qu’elle pensait que si je m'adressais à saint Joseph avec une grande confiance, il me guérirait certainement, et elle ajouta : « Je vais « faive une neuvaine pour votre guérison ; faites-la de « votre côté avec moi, et vous verrez que vous vous en « trouverez bien. » Je suivis son avis. Je fis la neuvaine, et le huitième jour je pus me chausser, ce que je n’avais pas fait depuis deux ans. Quinze jours après, mon pied était parfaitement guéri, et depais cette époque je n'ai pas éprouvé la moindre douleur. Je dois cependant faire remarquer deux choses : la première , c’est que, quoique la sœur Coulombe sût que les remèdes ne pouvaient me guérir, selon que l’on me l'avait déclaré tant de fois, elle ne laissait pas cependant que de me faire les applications prescrites par les docteurs; la seconde , c’est que toutes les fois que la sœur Coulombe pansait ou qu’elle brûlait mes plaies, ou qu’elle m’appliquait quelques remèdes, j’éprouvais quelque chose qui n’était pas ordinaire : je sentais un soulagement tout particulier pendant le pansement et
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