‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 2 sur 162 · G. ÉVÉQUE DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

G. ÉVÉQUE DE MONTRÉAL

(1) Eccl.,

En donvant au public la vie d’Adèle Coulombe, ous désirons d’abord faire connaître les raisons qui ous ont poussé à entreprendre cet ouvrage, et les jources OÙ nous avons puisé.

Trois raisons principales nous y ont déterminé :

1° La volonté de Dieu clairement manifestée. Le age nous dit qu'il est un temps de se taire et un emps de parler (1). Il nous dit aussi de ne louer peronne avant le trépas (2). On doit en effet s'abstenir énéralement de louer les vivants; il convient de especter leur modestie et de pas les exposer aux nestes compixisances de l'amour-propre, mais on plus de liberté pour louer les morts. S'il est bon e tenir caché le secret du Roi, selon le langage des vres saints, c’est aussi une chose honorable de révéer et d’exalter les œuvres de Dieu (3). Il est sans oute des secrets que Dieu garde pour lui seul, ou

(1) Eccl., 111, 7, = (2) Id., x1, 30, — (3) Tobie, x11, 7.

qu'il réserve pour le jour solennel des mauifesta

ment de sa mort, la volonté qu'il avait de la fair connaître. Nous croyons donc entrer dans ses deslit seins en publiant ce travail.

rendent au pays les nombreuses communautés reli gieuses, où tant de filles généreuses consacrent tou leur existence, soit au soulagement des misères

de parler et d'écrire sur toutes sortes de matière religieuses.

INTRODUUTION 3

s mauifestal 3° Enfin un troisième motif qui nous a porté à ; bon de délentreprendre cet ouvrage a été d'offrir au public les opère. Ofune histoire tout à la fois pleine d'intérêt et d’édinirinconnudfication. Sans doute les modèles ne nous manquent le dont noulpas; nous pouvons en choisir selon notre attrait esté, au molparmi les bienheureux qui, après avoir triomphé de la faiblesse et de la corruption de la nature, ègnent maintenant dans les cieux. Mais le modèle ue nous présentons doit nous être spécialement à Vie est trèdcher à plusieurs titres.

services qu D'abord, c'est une enfant du Cauada, de ce pays unautés relisi justement appelé la Nouvelle-France. Sa vie adisacrent toutlnirable montrera éloquemment que le sol canadien les misères dst toujours vivifié par l'esprit de foi et fécond en re si péniblhertus héroïques,

enfants. Cett| De plus, c’est une personne de notre époque. On time de l’inge plaint souvent que les saints qu’on nous propose qui a produf imiter ne sont pas de notre temps, et que leur

kiècle est passé. Mais l’Église, toujours sainte, a tou-

rentes situations où elle a passé. Ce n’est pas la vie

; Ne , Ch:

d’une personne distinguée par des travaux glorieux, | par des entreprises difficiles : non. C’est encore moins sh une vie rendue éclatante par des miracles, des ré- , vélations , des extases, ou autres merveilles extra- F ordinaires. Rien de plus simple et de plus uni que cette existence si courte et néanmoins si bien rem- Ù

plie, On place, en général, les saints trop au-dessus de nous, à une distance où on ne peut les atteindre. De là vient que bien souvent on lit leur histoire pour les admirer, sans avoir aucun désir de les suivre et de marcher sur leurs traces. Les vies les plus utiles ne sont donc pas les plus extraordinaires, mais les plus imitables. Or c’est l'avantage que l'on trouvera dans l’histoire de cette humble religieuse : nous aurons en elle comme un reflet de la très-sainte Vierge, laquelle n’a jamais mené qu’une vie très-simple, et qui par là même a été le modèle de tous les âges et à de toutes les conditions. En suivant Adèle Coulombe dans tout le cours de sa vie, depuis son enfance jusqu’à sa mort, nous la verrons comme un parfait modèle de l'enfant dans sa famille, obéissante à ses parents; de la jeune écolière, soumise à ses maitresses et se préparant à sa première communion ; | püis de la jeune personne du monde, constamment

appliquée à ses devoirs, et étudiant l'état de vie auquel elle est appelée; et enfin de la fervente no- Tes, de la parfaite religieuse, de la vraie sœur de

Charité qui vit dans l'amour et la pratique de ses règles, et meurt victime de son dévouement pour le service du prochain.

Les sources où nous avons puisé Sont en premier lieu les écrits composés par la sœur Coulombe ellemême, dont le premier date du 14 octobre 1845, et le dernier du 10 janvier 1862. Elle y parle de quelques événements de sa vie, et surtout des dispositions de son âme. Nous avons eu souvent recours à cette source pure, principalement pour faire conpaître son intérieur.

Nous avons aussi consulté sur la première période de sa vie ses parents, ses compagnes d'école et de catéchisme , laissant à leurs récits toute leur simplicité, sans y rien changer pour le fond, ni même pour la forme, si ce n’est quelques expressions incorrectes.

Quant à sa vie religieuse, 1l nous a été facile de prendre des informations auprès des sœurs de l’Hôtel-Dieu , témoins oculaires de sa vie dans leur monastère, et de sa très-sainte mort.

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