‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 31 sur 162 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Dévotion d’Adèle pour la croix et la passion de Notre -Scigneur.

Nous avons dit, an commencement de cette his- | toire, que Mme Coulombe, dans le temps r1ème qu'elle portait son enfant dans son sein, l’avait consacrée au A culte de Jésus crucifié. Cet événement est trop remarquable pour le passer sous silence. Il nous amène d’ailleurs naturellernent à retracer l’admirable dévo- A tion de ceite enfant pour la croix et la passion de Ü Notre-Seigneuret nous aidera à la mieux comprendre. 4 Voici à peu près en quels termes Mme Coulombe ra- PI conte elle mème le fait :

ï « Comme je me trouvais un jour à l’église de ma paroisse, je me retirai dans une chapelle latérale dé- M diée à saint Laurent. Là j'aperçus, sur un mausolée, an vieux erucifix très-pauvre et tout dépeinturé. Tout à conp je me sentis saisie d'une grande dévotion pour le Crucifix. Il me semblait qu'en le regardant je plai- ! gnais Notre-Seigneur. Mon Dieu! disais-je, oh! que + vous êtes abandonné! En même temps j'éprouvais un … grand désir de lui baiser les pieds; mais je n'osais m'approcher. Ne pouvant satisfaire ma dévotion, je pieurais beaucoup, comme une personne qui ne peut contenter un désir ardent qui la presse. Tout cela me surprenait, car je n’avais jamais rien éprouvé de semblable. Je sentais en même temps que toutes ces émotions se rapportaient à l’enfant qui était en moi, et

que cette enfant aurait une grande dévotion au Crucifix et serait consacrée à Jésus erncifié. C’est une chose, ajoutait-elle en plenrant, que je ne puis jamais raconter sans verser des larmes. »

La pieuse enfant añnait à rappeler à son tour comment +a bonne mère lui avait raconté une circonstance si intéressante pour sa piété et pour son cœur. « Je pouvais avoir, dit-elle, treize ou quatorze ans quand ma tendre mère me raconta qu'un jour, lorqu’elle priait dans l’église de notre paroisse devant un crucifix tout couvert de poussière, elle fut vivement touchée en considérant l'abandon où on laissait ce divin Sauveur, et remplie d'une douleur très-profonde et tout à fait inaccoutumée. En même temps elle se sentit fortement pressée d'offrir à Jésus crucifié quelque hommage qui püt lui servir comme de réparation et d’amende ho:orable. Se reconnaissant trop indigne de lui baiser les pieds, il lui vint une forte inspiration d'offrir à sa place, à cet aimable Sauveur crucifié, le fruit qu’elle portait dans son sein. Ce fut alors dans le moment solennel de la prière d’une mère que je fus livrée à Jésus. Elle supplia, dit-elle, ce divin Maître de me recevoir comme un faible hommage rendu à son adorable Majesté oubliée, méconnue et méprisee des hommes, et elle s’efforça, par les demandes qu’elle fit à Dieu pour moi dans ce moment d’inexprimable bonheur, d’imprimer dans ce petit cœur un grand amour envers Jésus crucitié, souffrant et mourant pour nous, mais si oublié et si outragé. Enfin, comme elle me l’exprima elle-même, elle voulait faire de moi un être entièrement dévoué à la croix de Notre-Seigueur et tout brülant du désir de réparer son honneur méprisé. » Apres avoir ainsi rapporté cette action, la pieuse enfant fait connaître dans le même écrit l'impression que laissaient

au fond de son cœur les paroles de sa mère. « Quand M

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j'entendais ma bonne mère, dit-elle, m'apprenire la M donation qu’elle avait faite de mon être tout entier à

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