LIVRE IT, N
d'apprendre mes leçons; alors son chagrin était de partir seule. Elle avait soin cependant de me dire anparavant : « Dépâche-toi d'apprendre et de donner tes « leçons bien vite; tu viendras ensuite me rejrindre à « l'église. » C’est ce que je faisais en effet; car, quoique je fusse sonvent désobéissante à mes maîtresses, cette chère compagne avait pris sur moi un ascedant si irrésistible que je ne pouvais rien lui refuser. Quelquefois il faisait bien mauvais temps après la classe, mais rien ne pouvait l'arrêter, « Viens donc, me disait- « elle; pour une fois, nous n’en mourrons pas. Allons, « un peu de courage ! » Je la suivais donc, et, comme alors il n’y avait pas beaucoup de monde dans l'église, cette solitude plaisait à son cœur. «Oh! que nous étions « bien aujourd’hui, me disait-elle en sortant; ns « étions seules avec Jésus. Qu'il est doux de prier « ainsi dans le silence! » C'etait surtout l': ours de congé qu’elle était admirable, Au lieu de consacrer ses loisirs À des amusements frivoles, à des lectures pro fanes ou à des parties de plaisir, elle en profitait pour donner un libre cours à ses dévotions. J’allais la trouver, et ces jours-là nous avions des conversations plus longues, toujours sur les choses de Dieu. Elle les terminait en m'emmenant faire le Chemin de la Croix, »
Telle était l'attention de cette bénie enfant à honorer Jesus souffrantet mourant pour notre amour. Nous l'avons vue au pied de la Croix, suivens-la maintenant au pied des tabernacles.