‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 47 sur 162 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

dommagées, car les plaisirs les plus purs et les plus saints les attendaient dans ces réunions. Une agréable variété régnait dans les exercices du catéchisme, et prévenait la fatigue et l'ennui. La séance s’ouvrait, conformément à la méthode de Saint-Sulpire, par la récitation du catéchisme et de l’évangile du jour. Les plus diligentes y ajoutaient une leçon du catéchisme de controverse de Scheffmacher. Venait ensuite le compte rendu de la dernière instruction. M. le directeur du catéchisme interrogeait plusieurs Persévérantes, s'adressant d’abord aux plus capables, puis à celles qui étaient moins avancées, afin de s'assurer ainsi si toutes avaient bien compris et b'en retenu les explications données. Lorsque les réponses étaient différentes, il nommait des arbitres afin de résoudre la difficulté. Alors la discussion, en jetant plus de lumière sur les matières débattues, excitait au plus haut point l’uttention. Elle atteignait ses dernières limites lorsque quelques-unes, dans un résumé en forme de dialogue, rapportaient l’instruction, reproduisant même les sermons qu’elles avaient entendus, soit à la paroisse, soit ailleurs. Après avoir ainsi fait parler les enfants, M. le directeur parlait à son tour. Il développait et expliquait un nouveau point de la doctrine chrétienne. C'était l'exercice fondamental et essentiel du catéchisme. Les enfants prenaient des notes, afin de ne rien perdre et de tout consigner dans des analyses ou diligences. Comme ces diligences étaient souvent lues publiquement ent tout ou en partie, et qu’elles étaient toujours mentionnées dans le registre de l’association qui servait de bise aux renseignements propres à diriger dans le choix de celles qui devaient ètre récompensées, toutes tenaient à les bien fuire. Plusieurs même les faisaient

h relier à la fin de l’année, et, aujourd’hui encore, elles | aiment à revoir et à consulter ces cahiers précieux. On

conserve également au catéchisme de Persévérance de la ville le cahier d'honneur où celles qui avaient le Le)

mieux réussi avaient le privilége de transcrire leur travail, Enfin, comme on n'avait pas moins à cœur la sanctification de tant de jeunes filles que leur avancement dans la religion, la séance se terminait par des avis et une homélie dont le but était de leur inspirer l'amour et la pratique des maximes évangéliques. Le tout était entremèlé de cantiques qui, sagement distribués dans le cours de la séance, servaient merveilleusement à rompre la monotonie et à reposer l'esprit. On conçoit dès lors quel attrait devaient avoir pour les enfants de telles réunions, et quelle noble émulation elles devaient exciter entre elles. Le désir de s’instruire, la pensée qu’on auruit à répondre devant une assemblée si imposante, lespoir de parvenir aux charges et d'obtenir, au moyen de points d’honneur accordés aux meilleures réponses et aux meilleures diligences, les récompenses distribuées dans les séances solennelles, et surtout à la fin de année, étaient comme autant d’aiguillons puissants qui stimulaient sans cesse leur ardeur. L'intérêt du catéchi-me était encore accru par des fêtes solennelles qui avaient lien de temps en temps dans le cours de l’année, par les commuaions du mois, par la retraite annuelle, mais surtout par la distribution des prix, qui se faisait vers le mois de juillet avec beaucoup d'éclat, étant ordinairement présidée par l’évêque du diocèse, as-isté d’un grand nombre de prètres, et rehaussée par la présence des citoyens les plus distingués de la ville.

Tel était le catéchisme Ge Persévérance de Montréal, d’où sont sortis par la suite les autres catéchismes qui ont été établis dans les faubourgs, lorsque la jeune Adèle s’y présenta. Dès les premières séances elle fixa l'attention de M. le directeur par sa modestie à l'église

et son application au travail. En effet, elle n’y fut pas plutôt admise, qu’elle se mit en devoir d'en suivre tous les exercices, Arrivant à la Perséverance avec

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