‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 48 sur 162 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

l'habitude du travail, qu’elle avait déjà contractée dans la famille et daus les écoles, ét avec une docilité admirable qui 14 rendait toujours prête à exécuter les ordres de ses super.eurs, elle se mit à apprendre exactemen! non-seulement le catéchisme, mais encore les évangiles, s’estimant heureuse d'exercer sa mémoire, eu gravant dans son cœur ce livre divin qui faisait déjà ses délices. Elle s’appliqua également des le commeucement à faire des analyses, se gardant bien de suivre l’exemple de certaines enfants, qui trouvent mile prétextes pour s’en dispenser. Enfin, toute commencnte qu’elle était, elle fit à peu près tout ce que {. saient les plus anciennes et les plus avancées de l'association. Ce travail soutenu, aidé de son excellente mémoire et de sa facilité, en lui obtenant les plus grands succès, attira bientôt sur elle l'attention de toutes ses compagnes, qui à leur tour se plurent à adwirer eu elle la piété réunie au talent. Dès la première année, par sa sage conduite e£ ses constants efforts, elle eut l'honneur insigne de tisurer sur le grand programme eu remportant les plus beaux prix.

Encouragée par ses succès, et plus encore animée du désir de s’instruire et de plaire à Dieu, Adèle redoubla de zèle dans ses travaux, les 1naées suivantes, à ce point qu’elle devint comme l'âme et la vie du catéchisine. C'est alors que, non contente de donner la lettre du catéchisme, de réciter les évangiles, de faire des analyses. elle se mit à composer des dialogues et d’autres travaux de suréroga :on, qu’elle eutreprenait d'apres la suggestion de M. le directeur, pouf donner plus d'intérêt aux réunions, comme de reproduire tous les sermons et toutes 18 conférences qu'elle entendait à la paroisse ou ailleurs, afin d’en faire part À ses compagnes. Nous avons encore un grand nombre de ses manuserits, où l’on voit, en effet, qu'en outre de ses diligences, qu’elle faisait exactement, elle reproduisait encore tous les :77"0: sermons que l’on pré-

chaïit à la paroisse et à Bon-Secours, les dimanches et les jours de fêtes, tous les sermons et les conférences qui se faisaient à la neuvaine (le saint François Xavier, les sermons et conférences qui avaient lieu au catéchisme en certains jours de fête, les exhortations qui se faisaient aux communions du mois, aux pèlerinages, aux retraites de l'œuvre. Le jour ne suflisant pas quelquefois à tant de travaux, elle y employait ses veilles; car quand il s’agissait de procurer le bien du catéchisme et d’obéir à M. le directeur, rien ne pouvait l’arrêter. En certaines occasions, elle avait à reproduire jusqu’à trois sermons à la fois; mais tout était si bien ordonné dans sa prodigieuse mémoire, qu’elle faisait tous ces écrits avec netteté et sans confusion, de telle sorte que chaque prédicateur aurait pu aisément reconnaitre son œuvre.

La composition des dialogues, auxquels elle apportait un soin particulier, lui prenait surtout un temps considérable. Presque à chaque fête elle apportait un petit travail. Après avoir distribué les rôles à quelques-unes de ses compagnes, et s'être exercée avec elles à bien prononcer, elle récitait sa partie imperturbablement de manière à tenir quelquefois l’auditoire en suspens. Un jour qu’elle avait préparé pour la fête de Pâques uue de ces petites pièces sur le mystère du jour, elle s'était principalement étendue sur la visite des saintes femmes au sépulcre, représentant au naturel l'amour vif, inquiet et empressé de sainte Madeleine, ses allées et venues au tombeau, la rencontre des Anges et celle de Notre-Seigneur sous la forme d’un jardinier, les paroles de cette amante désolée. Le tout faisait un tableau si touchant, qu’elle fit pleurer tout l’auditorre avec sa chère Madeleine. Un des prêtres présents à cette séance, tout émerveillé de ce qu’il ve-

nait d'entendre, dit tout bas à M. le diresteur du catéchisme qu’il ne pouvait croire qu’une pièce si intéressante fût l’ouvrage de cette enfant. M. le directeur

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