‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 52 sur 162 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ardeur d’Adèle pour la Persévérance. — Bien qu’elle opère parmi sés compagnes: — Elle fait le charme de sa famille.

Les connaissances qu’Adèle puisait à la Persévérance, les préservatifs qu’elle y trouvait contre les dangers du monde, en lui faisant apprécier de plus en plus lé bienfait de cette belle institution, faisaient paitre dans son cœur les sentiments du plus vif attachement pour cette association. Elle n’appelait plus le catéchisme que sa chère Persévérunce.

Elle l’aimait tant, qu'elle eût voulu y voir toutes les jeunes filles de son âge et surtout celles qui le dimanche passétit leur temps inutilement à la maison, ou l’emploient à se promener ou à se livrer à des jeux le plus souvent dangereux. Un jour qu'elle se retirait avec uné de ses compagnès, l’esprit tout rempli des choses qu’elle venait d'entendre à la Persévérance, elle rencontra de jeunés personnes qui se promenaient, ne songeant qu’à se montrer au dehors, au grand danger de se perdre; elle en fut tout attristée. « Ah! quel dommage, dit-elle, que tant de personnes s’amuserit à

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des riens au lieu de venir à nos belles séances de catéchisme, où elles pourraient recueillir de si salutaires instructions ! »

Pour y attirer le plus de monde possible et y retenir celles qui y étaient déjà agrégées, rien ne lui coûtait. Sachant qu’un des moyens principaux était de rendre les séances intéressantes, elle s’efforçait, ainsi qu’on l’a dit, d’y contribuer en s’acquittant bien de son devoir. Quand elle était interrogée , elle élevait la voix sans crainte de se fatiguer, afin que tout le monde püût facilement l’entendre. Si elle rendait compte d'un sermon, on voyait qu’elle était heureuse, non pas de se montrer et de paraître, mais d’avoir cette occasion de faire goûter la Persévérance à ses compagnes en leur en rappelant les belles leçons. « O maman, disaït-elle de retour à la maison, que je voudrais pouvoir prècher, afin de faire aimer le bon Dieu. » Elle le faisait sans en avoir la prétention, et plusieurs fois, comme on l'a vu, des personnes qui assistaient à ces séances ont avoué que sa parole leur avait fait une profonde impression. Toutes prenaient plaisir à l'entendre s’exprimer si bien et avec tant d’aisance, confessant que jamais les séances n'étaient plus agréa: que lorsqu’elle parlait.

Non contente d’intéresser ainsi les jeunes filles à la Persévérance, Adèle trouvait dans sa charité toutes sortes de moyens pour en apianir {es difficultés. Elle avait des attentions spéciales pour celles qui étaient moins riches. Elle les recherchait, les attirait par sa douceur et ses prévenances, les consolait dans leurs peines, les exhortait à ne jamais manquer au catéchisme, leur indiquait mème ce qu’il fallait apprendre, les engageait à faire des diligences selon leur pouvoir, leur montrant comment il fallait s’y prendre. Elle poussait même la condescendance jusqu’à faire la quête pour elles, afin de leur procurer du papier, et donnait elle-même sa petite rétribution. Un jour

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