‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 58 sur 162 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

trop souvent aux personnes qui s'occupent du prochain, elle fit sans cesse de nouveaux progrès, Sa première enfance’s’était passée, comme nous l’avons vu, dans une grande innocence de vie. Elle-mêmc le donne de nouveau à penser dans une pieuse et agréable causerie qu’elle eut plus tal avec une des sœurs de l’Hôtel- Dieu. Se laissant aller aux épanchements de son cœur, elle exprimait à cette sœur combien elle était touchée de la bonté de Dieu qui l'avait entin appelée à $on service. Celle-ci, l’interrompant : « Vous aviez, en effet, dit-elle, grand besoin de conversion, à cause de vos égarements qui ont duré jusqu’à l’âge de douze ou quinze ans. » S’apercevant que sa compagne plaisantait, Adèle reprit son grand sérieux : « Si vous saviez, dit-elle, comme j'étais méchahte! oh! oui, bien méchante! j'avais plusieurs poupées, continua-t-elle en riant de ces enfantillages, et je les baptisais l’une Josette, l’autre Marichette. Je perdais beaucoup de temps à cela. » La sœur comprit par là qu’un de ses plus grands crimes était d’avoir eu trop d'attache à ses poupées , et d’avoir pu dans sa vie aimer autre chose que Dieu. Pour se maintenir dans la grâce, elle marchait continuellement en la présence de Dieu, et, afin de se rappeler cette divine présence, elle avait mis devant la table où elle écrivait quelques sentences comme celle-ci : Dieu me voit, Dieu m'entend. Elle était pieuse et sainte jusque dans ses délassements. Comme les écritures si nombreuses qu’il lui fallait faire fatiguaient sa vue, qui d’ailleurs n’était pas très-bonne, elle reposait ses yeux en disant les litanies du saint nom de Jésus. «Quand ma mémoire me fait défaut, disait-elle, ou que je ne me rappelle pas bien l'instruction ou le sermon que je veux reproduire, je trouve la Inmière dans ces invocations du saint nom de mon Sauveur, en même temps qu’elles sont un repos pour mes yeux fatigués. » D’autres fois elle chantait une strophe d’un cantique à la sainte Vierge, ou bien elle lisait quel- | 5

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que, versets de l’/mitation de Jésus-Christ où quelques pages de l’Ame élevée à Dieu, de Baudrand. Puis elle reprenait son travail. Sa sœur venait quelquefois la trouver. Adèle lui montrait ses sentences, qu’elle avait attachées avec des épingles; et, comme le vent les agitait: « Vois-tu, lui disait-elle agréablement, vois-tu ces feuilles de papier, comme le vent les agite; mais tous ses efforts ne peuvent les détacher de l’endroit ou je les ai fixées. C’est ainsi que, malgré le vent des tentations, nos âmes ne doivent jamais se détacher de Dieu. »

Tant de moyens de sanctification eussent paru à d’autres plus que suffisants, mais ce n’était pas assez pour Adèle. Vers 14850, le besoin d’une vie plus parfaite se fit sentir à son cœur. Elle fréquentait alors l’école modèle, dite l’école Notre-Dame. Cette importante école était alors dirigée par la vénérable sœur sainte Scholastique, si renommée pour son talent à communiquer à ses jeunes élèves la piété avec la science, ce qu'elle a fait pendant plus de quarante ans qu'elle à travaillé dans les écoles de Montréal. Cette digne religieuse eut toute la confiance de la jeune Adèle, qui concerta avec elle un règlement plus précis et plus strict pour répondre aux désirs nouveaux qui la pressaient de tendre à une plus haute perfection. Ce règlement, daté du 10 mars 1850, mérite d’ètre rapporté comme un monument de sa ferveur et comme un modèle digne d’être proposé aux jeunes personnes qui, vivant dans le monde, désirent se prémunir contre ses dangers,

Elle commence à gémir sur ses imperfections et ses fautes : « O mon Dieu! dit-elle, par votre miséricorde vous avez daigné m'ouvrir les yeux sur ma négligence et ma lâcheté. C’en est fait, je veux enfin vous servir avec ferveur; je veux sauver mon âme, quoi qu’il m'en coûte. Et, pour cela, je prends ici les résolutions suivantes, en me mettant sous la protection de Marie, ma

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