LIVRE II
bonnéeMère, de sainte Adèle, ma patronne, et de saint Joseph, dans le mois duquel j'écris ces lignes :
« â° De me lever matin autant que je pourrai, atin d’avoir le temps de méditer quelques moments sur immobile éternité. Joffrirai à Dieu les prémices de ma journée; je me consacrerai entièrement à lui, et m'habillerai très-promptement, imitant en cela l’exemple de Marie.
« 2 J’assisterai à la sainte messe en me rappelant le sacrifice sanglant de Jésus-Christ sur le Calvaire, dont la sainte messe est la vive représentation.
« 3 Je me rendrai à l’école, et, en y entrant, ma première action sera de me jeter aux pieds de Marie et de la saluer par un Ave Maria, et le Souvenez-vous.
« 4 J'offrirai à Dieu mon école et mes études, et ne romprai le silence que pour une grande nécessité, obéissant à celle qui m’instruira, non comme à une maîtresse sévère, mais comme à une mère tendre et dévouée.
« 5° Je ferai exactement mon devoir, pour ne pas obliger mes bonnes maîtresses à me reprendre. Je veux garder le éilence et donner le bon exemple, atin de ne pas briser le cœur de ma maîtresse, que j’aime si tendrement, en offensant Dieu devant elle.
« 6° J’avertirai mes compagnes et les exhorterai à bien remplir les devoirs qui doivent être si chers au cœur d’une écolière, et je commencerai la première par donner l’exemple.
« 7° Je veux être douce envers mes compagnes, leur parlant avec modération et ne me fâchant jamais, puisque en cela j’offenserais mon Dieu.
« 8° Je m’entretiendrai souvent avec ma chère maitresse, qui me tient la place de Dieu sur la terre, pour puiser dans ses pieux conseils des consolations si nécessaires à mon cœur oppressé par la douleur et battu par de violentes tentations.
« 9° Je ferai mes prières avec recueillement, en
VIE D'AUÈLE COULOMBE.
pensant que Dieu me voit et m’entend, et qu'il faudra toujours en rendre compte.
« 40° Quand je serai reprise, je ne murmurerai pas; au contraire, je chérirai encore bien plus celle qui me reprendra, puisqu’elle le fera pour mon bien.
« 44° Je m’appliquerai à mon écriture et à tout ce que je ferai, me redisant sans cesse : Si Dieu même me commandait, combien je lui obéirais avec promptitude !
« 120 Je me tiendrai bien modeste dans les rues, pensant à Marie lorsqu'elle voyageait, et je l’imiterai.
« 13° Je veux ètre bien attentive pendant mon école, et je réciterai une petite prière chaque fois que j'y manquerai.
« 14° Je veux me faire violence pour bien apprendre mes leçons, et j’en demanderai à Dieu la grâce.
« 45° Enfin j'élèverai souvent mon cœur et mes pensées à Dieu, et je lui demanderai fréquemment son Secours.
« Je sais qu’il me faudra faire des efforts pour accomplir ces résolutions; mais je veux les accomplir, et, avec la grâce de Dieu, j'espère que j’y serai fidèle. Quelque parole mortifiante que l’on me dise, je ne m'en formaliserai jamais et ne m'en plaindrai point, mettant comme une garde à ma bouche pour la tenir bien fermée. »
Enfin, laissant épancher son cœur, elle termine par ces lignes, où l’on voit sa grande humilité, la haute idée qu’elle avait de ses maitresses, sa dépendance de leur direction et de leurs avis, la sainte envie qu’elle portait à leur sublime vocation : « Vous toutes qui êtes consacrées au Seigneur, que vous êtes heureuses ! vous toutes tendrement chéries d’une ingrate qui n'ose seulement pas se nommer votre élève, que vous êtes heureuses d’avoir mené jusqu’à présent une vie si sainte ! Et, en effet, épouses bien-aimées de Jésus-
il faudra
rmurerai lus celle on bien.
à tout ce eu mème C promp-
les rues, je l'imi-
lant mon 1e fois que
apprendre Ce.
ur et mes mment son
s pour 4caccomplir, erai fidèle.
ise, je ne drai point,
uses ! vous
qui n'ose e vous êtes une vie si s de Jésus-
:{VRE Ile 101
Christ, devant vous : ouvre un avenir de bonheur, à l'ombre de l'asile protecteur qui vous renferme dans son sein. Cependant sachez bien que votre élève, votre petite Adèle soupire après le moment où elle aussi ira se cacher dans un asile semblable au vôtre. Mon cœur est si cruellement froissé par la douleur qu’il ne sait ce qu’il dit. Mais pardonnez-moi, j'ai voulu épancher mon cœur dans le vôtre, et c’est ce qui m’a portée à tracer, presque sans m'en apercevoir, ces sentiments, qui font trop connaître la plaie profonde qui m'afflige et qui peut-être ne devrait être connue que de Dieu seul. Si je vous envoie ces quelques lignes, c’est pour que vous ajoutiez ce qu'il y manque. »
On lit ensuite au bas de ce même écrit les pratiques suivantes, qui montrent l’objet habituel de ses efforts et de ses ferventes prières :
« 4° Donner le bon exemple, demander l’amqur de Jésus et de Marie pour ceux qui veulent se consacrer entièrement à eux.
« 2 La charité envers mes campagnes. :
« 3 Le recueillement dans mes prières; demander la persévérance dans le bien pour les personnes qui ont commencé à servir Dieu. »
Tel. est le règlement que s'était prescrit Adèle. On a pu remarquer en le lisant que cette vertueuse enfant éprouvait alors de violentes tentations. Le démon, qui attaque les âmes avec d'autant plus de fureur qu’elles sont plus saintes, aurait voulu s’emparer de celle-ci ; mais cette enfant de bénédiction joignait déjà à la simplicité de la colombe la prudence du serpent; et, par la prière, par la fréquentation des sacrements et par une sage ouverture avec sa chère maîtresse, elle sortit victorieuse des combats.
A côté de ce règlement qui ne fait que fixer l’ordre extérieur de ses exercices, Adèle en avait placé un autre qui marquait l'esprit qui doit les animer. Dans cet écrit, alle s'était attachée à retracer les sentiments
QE picbpethee 74 1
intérieurs qui devaient diriger toutes ses actions. C'était là surtout qu’elle faisait entrevoir la beauté de son âme. Elle fit brüler cet écrit avant d’entrer en religion, afin de ne laisser rien après elle qui püt lui attirer des louanges; mais sa sœur, qui en avait pris connaissance, nous en a conservé les principaux traits,
{° Dès son réveil, son âme s’élançait vers Dieu et lui offrait toutes les actions de la journée. « En prenant mes vêtements, disait-elle, je pense à mon Jésus; je me représente ce bon Maitre s’habillant quand il était sur la terre, et nous méritant la grâce de sanctifier cette action en la faisant lui-même. Je considère avec quel recueïllement il mettait sa sainte tunique, ou avec quel amour il s’est revêtu de la nature humaine en son incarnation; ou bien je me rappelle la confusion de notre premier père dans le paradis terrestre, lorsque sg désobéissance le dépouilla de sa pureté pour le revêtir de la honte et de l’ignominie de son péché; ou bien encore je me rappelle la pensée de la mort, en prenant la dépouiile des animaux qui sont morts, et dont j’emprunte les restes humiliants pour m’en revètir. O mon Dieu! ajoutait-elle, si tous les chrétiens réfléchissaient sur ces grandes vérités, on ne verrait pas autant de luxe ni de vanité, tant de modes dangereuses et nuisibles. Bien loin de tirer vanité de ses habits, on se tiendrait bien humble et bien petit devant Dieu, et on pratiquerait la plus exacte modestie. O mon Dieu! je prends la résolution de pratiquer la modestie dans toutes mes actions; c’est la grâce que je vous demande pour moi et pour tous les chrétiens, qui sont. mes frères en Jésus-Christ. »
2e Elle faisait la prière du matin dans son petit oratoire, les mains jointes, les yeux fixés sur son crucifix, dans l'attitude de la religion la plus profonde. Elle s’offrait à son cher ange gardien, dont elle avait toujours l’image dans son livre de prières, suppliant ce bon auge de porter les prémices de ses devoirs et de
ses de exe pas ter bat:
tien salu mon visit Quar je m crier; Jésus qu'à cœur
actions.
eauté de er en re-
i pût lui vait pris ux traits.
ieu et lui
| prenant Jésus; je nd il était sanctifier idère avec e, où avec maine en confusion stre, lorsté pour le péché; ou \ mort, en morts, et ’en revès chrétiens ne verrait des dangeité de ses en petit demodestie.
ratiquer la râce que je rétiens, qui
s son petit ur SUN CrU— s profonde.
at elle avait s, suppliant levoirs et de