LIVRE NI
comme le plus riche. Une visite au cimetière me vaut un long sermon : tout y prèche les grandes vérités de la manière la plus forte et la plus éloquente. » Elle faisait même attention aux petits insectes que l’on trouve dans les fosses. « Ils vont, disait-elle, d’une fosse à l’autre, mais avec indifférence de celle du riche ou du pauvre. Ainsi, tout dans l'univers doit nous être indifférent, et nous devons aller à notre fir. dernière sans faire attention à ce que nous rencontrerons en chemin. » Elle s’arracha enfin à la tombe chérie de
son père ; elle embrassa la croix qui la recouvrait, et.
reprit le chemin de la maison.
C’est ainsi que cette céleste enfant, en contemplant l'ouvrage de la mort, fortifiait son désir de mourir à elle-même, et d'aller s’ensevelir tout entière dans le tombeau de la religion et de la sainte obéissanee.
Mais la séparation la plus douloureuse pour le cœur d’Adèle, la séparation de ses parents, était encore à faire. Ce fut un mercredi, vers les cinq heures du soir, le 22 octobre 1851, que, tout étant prêt, elle quitta la maison maternelle pour n’y plus rentrer. Deux sentiments très-opposés partagèrent alors son cœur natu+ rellement si tendre et si sensible : d’une part, la douleur de s’éloigner d’une maison où elle avait goûté tant de bonheur et reçu tant de grâces, et où elle laissait des personnes si chères ; et d'autre part, la joie d’entrer enfin äans une maison nouvelle, objet depuis longtemps de ses vœux les plus ardents. Elle surmonta toutefois, mais non sans peine, la douleur qui l’opprimait, et partit au milieu des pleurs de ses parents, sans verser une larme. « Non, non, dit-elle , il ne me convient pas de pleurer mon bonheur. » Et, chemin faisant , il lui semblait que son cœur volait devant elle. «O maison bénie, s’écria-t-elle en apercevant l’Hôtel- Dieu, à enceinte sacrée , je pourrai baiser tes pierres ; les unes après les autres! Oh! qu’il me tarde de vivre dans ton sein ! »
ET I IT GRR: I SC EEE
Sa mère et ses sœurs, toutes désolées de perdre celle qui faisait le bonheur et le charme de la famille, l’accompagnèrent jusqu’au parloir. La nouvelle postulante, ayant été reçue par la supérieure, s’empressa de se dépouiller de son chapeau et de son châle; puis, se tournant vers sa mère et ses sœurs, elle leur demanda pardon des scandales qu’elle leur avait donnés , et des peines qu’elle leur avait causées. Elle leur dit ensuite adieu, en les embrassant. La pauvre mère et ses autres enfants ne répondirent que par des larmes. Adèle seule , comprimant toujours sa douleur, restait ferme. Mais quand elle vit ses parents se retirer et refermer la porte sur elle, son cœur n’y tint plus, et elle fut obligée de payer le tribut à la nature, en donnant un libre cours à ses larmes.
Le lendemain 23, elle prit l’habit de postulante, et on chanta le Ven?, Creator. Ses parents étant venus la revoir, elle leur avoua que la joie d’être entrée à l’Hôtel- Dieu l'avait empèchée de dormir. « J'ai eu pourtant, ajouta-t-elle , quelques heures d’épreuve et d’ennui: mais à présent je suis contente. » Comme ses parents étaient toujours sous le coup de la perte qu’ils avaient faite, et qu'ils avaient peine à se consoler, elle leur dit, pour tempérer un peu leur douleur, que depuis qu’elle était entrée au monastère elle avait éprouvé un mieux sensible dans ses yeux. « Dès le soir de mon arrivée, dit-elle, la bonne sœur Mereil qui depuis longtemps exerce l’otlice de pharmacienne, ayant remarqué que j'avais la vue faible, nv’a appliqué un remède. La sainte Vierge y a donné sa bénédiction, car incontinent j'ai éprouvé du soulagement. C’est pour moi une preuve nouvelle que ma bonne Mère me veut ici. »
Cette petite attention de la part de la sœur Mercil ne fut pas oubliée de la nouvelle postulante, qui avait si bien la mémoire du cœur. Elle s’en souvint toute sa vie, et demeura toujours attachée à ectte vénérable sœur par la reconnaissance et une affection toute filiale,
Celle et qi vent pas vert:
suis :
C’est séder réalis novic perfe accro