‹ Vie d'Adèle Coulombe [microforme]Chapitre 82 sur 162 · LIVRE LV · texte numérisé non relu

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la langue anglaise, pour laquelle elle n'avait nul attrait, et qui lui donna beauconp de peine. Sa maitresse, qui comprenait de queile utilité serait la sœur Coulombe pour les malades irlandais qui venaient se faire soigner à l’hôpital, lui défendit de parler français en récréation. On comprend sans peine combien cette ie privation dut être pénible à une sœur qui mettait tant Ai de bonheur à s’entretenir avec ses compagnes. Elle s’'exécuta néanmoins généreusement, comme toujours, et, grâce à sa constance et à sa rare facilité, elle parvint à parler l’anglais presque aussi aisément que le français, en sorte qu'elle fut en peu de temps capable de donner l'instruction en anglais avec un plein succès. Nous verrous dans la suitè combien la connaïissance de cette langüe lui fut avantageuse dans ses $ i rapports avec les malades protestants. Se ressouvenant | Le |

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alors avec douleur des répugnauces qu’elle avait éprou-

vées pour apprendre l'anglais, elle disait naïvement

à son ancienne maîtresse: « Je ne pouvais m’expli-

quer pourquoi vous me défendiez, à moi seule, de par-

ler français, tandis que vous en laissiez la liberté aux

autres. Je pensais que vous me trouviez trop causeuse

et que c'était un bon moyen de me corriger.» Elle fut ;

ainsi une nouvelle preuve que l’obéissance aveugle Hit

aux supérieurs est toujours bénie de Dieu. | Toutes ces épreuves, en épurant son âme, lui avaient

donné une sorte d’appétit pour les humiliations. Elle

les regardait, quand elles venaient, comme une bonne

fortune. « Lorsque j'ai reçu une humiliation, disait-

elle, je suis d’une joie que je ne puis exprimer. Oh!

comme nous devrions ‘être conlentes, quand nous

sommes reprises et humiliées! » Ces sentiments, elle

s’efforçait de les faire passér dans le cœur de ses com- .

pagnes. Si parfois quelques-unes, moins friandes de

cette nourriture, venaient lui témoigner la peine

qu’elles avaient éprouvée à l’occasion de certaines ob-

servations, la sœur Coulombe les consolait; elle rani-

mait alors leur courage en leur faisant apprécier l'excellence et le prix de ces humiliations, qu'il faudrait acheter, s’ilétait possible, au poids de l’or, puisqu’elles sont si utiles pour acquérir la vertu solide. Ses bonnes paroles portaient ordinairement leur fruit, et, si par ses pieuses réflexions elle ne parvenait pas toujours à leur communiquer ce vif amour des humiliations qui animait son cœur, par son exemple elle achevait ce que ses discours avaient commencé : tantil est vrai qu’il suffit d’une âme fervente pour enflammer lardeur des autres, et les attirer à sa suite dans les sentiers de la perfection !

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