LIVRE IV
tive, j'étais une pauvre fille sans fortune, enfin je n'avais rien pour attirer l’attention. Mais Dieu voulait me cacher dans la maison de Saint-Joseph. » Ainsi la faisait parler l’humilité.
Une fois revètue du saint habit, la sœur Coulombe prit
un nouvel élan vers la perfection. Dès lors on remarqua en elle une plus grande attention à se refuser toute satisfaction et à pratiquer en toutes rencontres de petites mortifications, qu’elle avait grand soin de cacher en évitant toute singularité. Par là, elle voulait plaire au divin Époux qu'elle s’était choisi, et lui prouver que ce n’était pas en vain qu’elle s'était dépouillée des livrées du monde pour se revêtir des siennes. Elle s’appliquait également à pratiquer la pauvreté la plus stricte, se défaisant de tous les objets qui auraient pu attacher son cœur. C’est alors qu’elle renvoya à sa mère les p‘ites images qu’elle avait emportées avec elle. » Je voi. ::: voie, lui écrit-elle, ce petit ange gardien (image uvut on lui avait fait présent et à laquelle elle tenait beaucoup), afin qu’il compte les bienfaits que vous m'avez prodigués et que vous me prodiguez encore, qu’il les présente au Seigneur et qu’il vous conduise sûrement au port de la bienheureuse éternité. Je voudrais pouvoir vous offrir des choses plus dignes de l’affection respectueuse que je vous porte; mais, vous le savez, le bon Maïître m’a dépouillée de tout, et, quoique mon Époux soit infiniment riche, je ne laisse pas cependant d’être dans la plus extrême pauvreté, afin de lui ressembler dans le temps qu’il a vécu sur la terre, pour mériter de partager sa gloire dans le ciel. Oh! que j'aime ce saint habit qui me couvre! J'y aperçois la réalité des miséricordes de Dieu sur moi. Cette vue me tient dans un continuel besoin de rendre et de faire rendre à ce bon Maître d'éternelles actions de grâces. Et, comme vous êtes ma bonne mère, je vous invite la première à le reniercier avec moi. »
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sagas
Son obéissance égalait son détachement. C’est à ce point que sa maitresse dis‘t, en parlant d’elle : « I] faut que je prenne bien garde quand je m'adresse à cette petite sœur, elle prend tout à la lettre. » Cette obéissance faisait sa joie et sa béatitude. Elle ne tarissait pas en louanges, quand elle parlaït de cette vertu. qui .st la pierre de touche du vrai mérite. « Oh! disait-elle à sa sœur, qui était venue la voir, qu’on est heureuse dans un monastère où l’on s’ensevelit dans le tombeau de la sainte obéissance! Vous autres dans le monde, vous êtes esclaves de votre volonté propre; vous faites les choses parce qu’elles vous plaisent. Mais ici, nous faisons tout per obéissance, et nous accomplissons avec délices la sainte volonté 'de Dieu en lui sacrifiant la nôtre. »
Mais entre toutes les vertus qu’on voyait briller dans la sœur Coulombe, sa charité tenait, comme toujours, le premier rang, «Sa charité envers les sœurs, dit une de ses compagnes, était incomparable. Pour les obliger, elle savait sacrifier tous ses petits intérêts, et cela en toute chose. Si on réclamait d’elle quelques petits services, elle s’y prêtait avec tant d’empressement et de joie qu’on eût dit qu’on lui rendait service à ellemême. Lorsqu'il lui était absolument impossible de faire ce qu’on lui demandait, elle s’en excusait avec tant de cordialité et des expressions si vives de regret, qu'on était plus charmé de son affabilité qu'on ne l’eût été d'obtenir ce qu’on désirait. Elle aimait toutes ses sœurs égaiement. Si elle avait quelque prédilection, c'était pour deux d’entre elles, qui lui avaient été données en soin, et qu’ellenomma toujours ses chères filles. Elle leur portait une attention singulière, surveillant toutes leurs actions, afin de leur signaler ce qu'elle y trouvait de défectueux. Elle avait vraiment pour elles la sollicitide d’une mère, prenant autant d'intérêt à leur intérieur qu’à leur conduite extérieure.
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