LIVRE I
recu sa première Confession; Adèle y fut admise. A cette nouvelle, elle ne se posséda plus de bonheur. Le désir de recevoir au plus tôt son Dieu pour la première fois, et de s’unir à lui d’une manière plus étroite, remplit dès lors tout son cœur. Pour se rendre plus digne d’une si grande faveur, elle redoubla de zèle pour apprendre ses lecons de catéchisme et bien comprendre les explications qui lui en étaient faites, Ses compagnes lui ont rendu ce témoignage que jamais on ne vit d’enfant plus attentive ni plus désireuse de s’instruire sur sa religion, et principalement sur le sacrement de nos autels, qui faisait l’objet de tous ses vœux. Elle sortait de ces instructions tout enflammée du feu de l'amour divin, et se plaisait à communiquer ensuite à ses petites compagnes, ainsi qu’à ‘ses parents, les impressions qu’elle avait éprouvées. Sa conduite d’ailleurs était toujours des plus édifiantes; on remarquait en elle un plus grand respect, un plus grand recueillement dans sesprières, tellement qu’elle ressemblait à un petitange. Elle n’avait rien des manières folâtres des autres enfants; une modestie admirable reluisait dans toute sa personne. Aussi dès l’année suivante fut-elle choisie pour faire sa première communion, qui devait avoir lieu le jeudi après le dimanche du Bon Pasteur. Ce jour-là tombait le 40 avril de l’année 1845. Il serait difficile d'exprimer les transports de joie que ressentit cette sainte enfant en apprenant qu’elle allait bientôt s’unir au Dieu des tabernacles. Elle fit de nouveaux efforts pour se préparer à cette grande action, Tout enfant qu’elle était, elle comprit, à l’aide de la grâce, qu’il s'agissait de préparer une demeure, not pas à un homme, à un prince de la terre, mais au Dieu du ciel, qui voulait bien se donner à elle. Elle prit donc la chose au sérieux, et dès lors elle parut à l’école, dans ja famille et surtout aux réunions du catéchisme, plus docile et plus attentive qu'auparavant. A son petit air grave et recueilli, on voyait qu’elle était toute préoc-
cupée d’une grande enteprise, et quand on lui demandait pourquoi elle était si grave et si pensive : « Ah! répondait-elle, je me prépare à la plus grande action de ma vie. O0 maman, : 2 je désire bien faire ma première communion ! » On s’aperçut en même temps qu'elle apportait encore plus de diligence à préparer ses confessions et à faire le soir son examen de conscience. Et comme sa sœur lui disait un jour : « Que fais-tu donc là, Adèle? pourquoi passer tant de temps à ton examen ? — Il faut bien, répondait-elle, que je m’accoutume à bien m’examiner, afin de bien faire ma confession générale et de bien me purifier pour ma première communion. » Que les jeunes filles ne comprennentelles donc toutes également l'importance de la première communion; que ne s’y préparent-elles toutes avec un égal soin ! elles goûteraient le même bonheur et recevraient les mêmes grâces.