‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 113 sur 215 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

heureuse pour les Anglais , et que les deux gouverneurs périrent dans la mêlée.

18. Long-temps auparavant Honorius et Théodore , archevêques de Canterbury, avoient fait assurer aux curés un revenu fixe. Mais il paroît que ceux-ci étoient troublés dans l'exercice de leurs droits, surtout dans la collection de la dîme.

Adelwolf , comme c'étoit son devoir, leur rendit ce qu'on avoit voulu leur enlever. Il fit plus. Il dota outre mesure les églises et les monastères, et affranchit de tout impôt , au grand détriment de la nation , les biens immenses qu'il leur donna.

19. Ce fut cette même piété pure d'intentions sans contredit , mais peu éclairée, qui lui inspira l'inopportune pensée d'entreprendre un voyage à Rome , bien que les Danois eussent de nouveau hiverné dans l'île de Sheppey. Il emmena Alfred avec lui et passa toute une année à Pvome, où on loua beaucor.p la générosité du roi

étranger pendant que le royaume qu'il avoit abandonné étoit en proie à tous les maux et exposé à tous les dangers *.

' Le comte deStolJbergme paroît ici trop se hâter de condamner la conduite de ce prince. Est-il bien prouvé en effet qu'avant d'entreprendre ce pèlerinage , Adelwolf ne prit aucune mesure pour protéger son royaume contre les descentes des pirates danois? qu'il n'alla à Rome que pour enrichir les églises de cette cité aux dépens de son peuple ? Sans doute dans ces temps encore peu éloignés de ceux de la primitive église, la plupart des princes éprouvoient une pieuse et naïve curiosité de voir la ville du vicaire de J.-C.,afîn d'y retremper et purifier dans sa source la foi vive qui les animoit. Mais qu'on ne s'imagine pas nou plus que les intérêts matériels, que les intérêts politiques des nations demeurassent toujours étrangers à ces longs voyages auxquels les mœurs de l'époque ne manquentpas de prêter toujours une couleur de pèlerinage et d'expiation.

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