CHAPITRE V
ment offensé et qui cependant lui avoit abandonné la plus belle partie de ses états, et l'avoit tout à fait traité en père dans l'acte de ses dernières volontés. Et cependant ce fils ingrat montra si peu de respect pour la mémoire de son père que , brûlant d'une flamme incestueuse , il épousa la belle Judith, veuve d'Adelwolf. Il la répudia au bout de quelques années ^ , probablement par suite des sévères remontrances du pieux Swithum , évêque de "Winchester. C'est ainsi que le lecteur a vu plus haut Eadbald , roi de Kent, qui étoit tombé dans le même péché, céder à la persuasive éloquence de Laurent, archevêque de Canterbury , renvoyer sa complice et en même temps renoncer au culte des idoles qu'il avoit em-
' Elle étoil encore en Angleterre quand Alfred cntroit dans sa douzième année. Mais il est probable qu'elle la quitta peu de temps après sa répudiation.
brassé de nouveau pour pouvoir satisfaire ses désirs '.
3. Adelbald mourut après un règne de deux ans et demi (A. D. 860).
4- Judith se déroba à la vue des Saxons pour qui son union incestueuse avoit été un grand scandale , et se retira à Senlis en France. Baudoin, surnommé Bras-de-Fer, fils d'Odoacre, v^aldgrave ' de Flandres, la vît et s'éprit pour elle d'une passion qu'elle partagea bientôt. Il l'enleva. Son père , le roi Charles le Chauve, accusa le chevalier
* Asser. Spelman. Piuclborne. Voyez aussi Thomas Hearne , dans ses annotations sur Spelman.
2 0 Waldgraves » Waldgrafen (comtes de la Forêt ; comme Margraves , comtes de la Marclie). Tel étoit le titre des gouverueurii royaux de ce pays alors peu peuplé et couvert de forêts, avant qu'il n'eût ses comtes particuliers.