‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 122 sur 215 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

félon devant le Pape Nicolas I" , qui le frappa d'excommunication. Baudoin se rendit à Rome et montra le repentir le plus sincère de sa faute ; Judith versa des torrents de larmes aux pieds du Saint-Père , qui pardonna aux coupables. Il écrivit même à Hinkraar, archevêque deRheims, qui avoit célébré le mariage de Judith avec le roi A.delwolf, le chargeant de communiquer aux autres évéques de France sa lettre dans laquelle il exprimoit le vœu que les chefs de l'Eglise de France s'employassent en faveur de Baudoin et de Judith auprès de son père. Ils le firent avec succès. Charles donna son consentement à cette union qui fut solennellement bénie à Auxerre, et accorda à Baudoin le comté de Flandres , à titre de fief (A. D. 863). Vers le même temps , la Hollande fut également érigée en comté , en faveur de Dietrich , duc d'Aquitaine. Ces deux vassaux (le la couronne et leurs successeurs furent

'246 VIE 1)'aLFREU-LE-GRAND.

tenus de protéger le royaume contre les entreprises des Normands. Les Francs comprenoient sous cette dénomination tous les Scandinaves ^

5. Cette Judith qui laissa en Angleterre une mémoire chargée d'opprobre , n'en eut j>as moins le mérite de donner essor au génie naissant du jeune Alfred.

6. Depuis le milieu du huitième siècle , les divisions intestines des maisons royales et les guerres qui dévastoient sans cesse riieptarchie , avoient singulièrement entravé l'éducation de la jeunesse anglaise et la propagation des sciences. IMais ce fut bien pis encore quand à ces maux vinrent sr joindre les irruptions des Danois. Ces Barbares portant en tous lieux le fer et la flamme , choisissoient , comme avoient fait jadis les Saxons encore païens, les prêtres pour objet principal de leurs fureurs , et

' Meyer Annal. Flandr.

Page 1