‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 144 sur 215 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

à conclure la paix après la victoire de Wilton ; paix qu'ils observèrent scrupuleusement à l'égard du Wessex épuisé, lorsque celles qu'ils avoient conclues avec les royaumes d'Estanglie et de Mercie avoient toujours été illusoires, lorsque plus des deux tiers de l'Angleterre étoient en leur pouvoir et qu'ils pouvoient constamment attendre des renforts de la mèrepatrie.

II. Les Danois se dirigèrent sur Repton, et divisèrent leurs forces en deux armées , dont l'une , sous le commandement d'Halfden , gagna les rives de la Tyne où elle campa pendant tout l'hiver. Au printemps, elle passa le fleuve, dévasta cette petite partie septentrionale du Northuraberland demeurée indépendante sous un roi particulier, pénétra en Ecosse et porta le fer et la flamme jusque parmi les Pietés. Cette petite province du Northumberland fut conquise parles Danois, et les terres

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partagées entre leurs guerriers. Elle formoit la plus grande partie de Tancien royaume de Bernicie. L'autre armée des Danois , commandée par les rois de mer Gothrum , Oscytil et Amund , passa l'hiver à Cambridge.

12. Nous avons vu comment le manque de foi de ces barbares rendoit inutiles les traités conclus avec eux... Mais quand bien même les rois de mer qui avoient traité avec les Anglais eussent gardé leur foi, jamais ces traités isolés u'auroient pu mettre la nation à l'abri des attaques d'autres rois de mer ; et bien moins encore contre celles d'aventuriers Scandinaves nouveaux-venus, que ces traités ne lioient en rien.

i3. Il étoit donc impossible à tout pays exposé aux invasions des pirates du nord, de s'en préserver autrement qu'en prenant une attitude militaire imposante. Mais d;ins ce cas même , Alfred, qui ne régnoit que

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sur les provinces méridionales d'Angleterre, ne pouvoit pas empêcher que, dans les provinces de l'ancienne Heptarcliie appartenant aux Danois, il ne débarquât sans cesse de nouveaux essaims de Normands. Ceux-ci étoient constamment excités à tenter des entreprises contre Wessex et même aidés dans ces entreprises par leurs compatriotes, peu jaloux départager avec les nouveaux venus des conquêtes achetées au prix de beaucoup de sang. Alfred comprit qu'avec cet accroissement continuel des forces des Danois, le Wessex finiroit nécessairement par succomber comme avoient fait les provinces septentrionales d'Angleterre, si, se mesurant avec eux sur leur propre élément, il n'empêchoit point ces débarquements.

1 4- Les Anglo-Saxons qui avoient conquis la Bretagne et fondé l'Heplarchie étoient des marins tout aussi habiles et tout aussi intrépides que les Scandinaves.

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Maisj quand après des guerres longues et sanglantes , ils se furent rendus maîtres de ce beau pays, ils renoncèrent à lamer. Aussi bien ils étoient beaucoup trop occupés à guerroyer contre les Bretons , les Pietés et les Scots, pour pouvoir et même pour vouloir continuer à passer comme autrefois une partie de leur vie en mer.

i5. Il n'est mention dans toute l'histoire de l'Heptarchie saxonne que d'une seule flotte ; et encore n'avoit-elle point été équippée pour faire une guerre maritime, mais seulement pour transporter des troupes. Le seul auteur qui fasse mention de cette circonstance est Procope, qui, à cette occasion, trahit l'ignorance où il étoit de l'état des j^ays septentrionaux si éloignés de la contrée qu'il habltoit*. Tou-

' Par exemple, il dit que les Anglais ne connoissoient pas les chevaux. Eux , fils de Germains, pour qui le cheval éloit un animal

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