CHAPITRE XVII. 37J
et, pour le siècle , connoisseur de goût et de tact en beaux-arts.
12. Asser étoit pareillement religieux de l'abbaye de saint David ^ Le roi eut beaucoup de peine à l'attirer auprès de lui. Il n'y consentit qu'à la condition de pouvoir passer la moitié de l'année dans son monastère. Alfred avoit pour lui autant de confiance que d'amitié et de considération. Nous sommes redevables à Asser d'une biographie de ce prince , écrite avec peu d'élégance, mais avec une judicieuse critique , et restée malheureusement incomplète. Alfred le nomma à Tévêché de Shereborne, dans le Dorsetshire, dont le siège fut dans la suite transféré à Salisbury.
i3.. Alfred s'occupoit sérieusement de
Les écrivains latins la nomment souvent Asserium Meneventem , parce que ce lieu s'appeloit Menevia avant d'avoir été nommé S. David (dénomination quil a conservée jusqu'à nos jours), d'après le saint évêque David.
376 VIE d'alfreu-le-grand.
législation. Alors qu'il ne régnoit encore que sur le Wessex , il avoit composé un code qui n'est point parvenu jusqu'à nous. Adoptant pour base la loi mosaïque, et ce qu'on appelle les constitutions apostoliques^ ouvrage qui date des premiers temps du christianisme , mais dans lequel les falsifications ne sont pas rares , il amalgama les lois romaines avec les lois bretonnes et danoises.
On ne sauroit douter non plus qu'il n'ait conservé une grande partie de la législation anglo-sexonne , et principalement les lois rendues par un de ses prédécesseurs sur le trône westsaxon , le sage roi Ina. Un de ses titres de gloire est Tesprit d'humanité dans lequel les siennes étoient conçues. Il lui fut toutefois plus facile de faire des lois, que de trouver des hommes en état de les appliquer. Il falloit en former ; et cependant la justice devoit toujours avoir son cours. Aussi arriva - t - il souvent à Alfred d'être