‹ Vie d'Alfred-le-Grand, roi d'AngleterreChapitre 205 sur 215 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

mour de Dieu étoient en toute chose les seuls mobiles de sa conduite.

2o Dans sa première jeunesse il avoit été affligé de vives tentations des sens qu'il se crut trop foible pour combattre , bien qu'il n'y ait pas succombé à ce qu'il paroît, ou plutôt par cela même qu'il reconnoissolt sa foiblesse. Mais les combats de la cliaii' l'inquiétoient vivement et il leur opposoit les armes de la prière et des veilles. Souvent il se levoit au premier chant du coq ou à la pointe du jour; et courant à une église, ilse jetoit au pied de l'autel et supplioit Dieu de daigner lui envoyer une maladie qui étouffât en lui les ardeurs de désirs impurs.

5. Il ne tarda pas à être atteint d'une maladie douloureuse dont il se ressentit encore longues années après , et dont il faillit mourir. Il eut encore recours à la prière et supplia Dieu de lui envoyer une autre maladie à la place de celle-ci; mais

qui ne îe rendît ni hideux ni hors d'état de travailler, parce que, comme le rapporte Asser, il redoutoit surtout la lèpre et la cécité. La maladie le quitta.

4. Mais lors de la célébration de son mariage, il fut subitement attaqué en Mercie d'une maladie bien plus terrible, et dont vingt-cinq ans plus tard, à l'époque où écrivoit Asser, il souffroit encore horriblement jour et nuit à un très petit nombre d'intervalles près. Pour tout autre, le travail eût été impossible avec une semblable infirmité, et cependant avec quelle ardeur ne travailloit-il pas! combien son esprit étoit libre et gai , combien il rendoit la vie heureuse à ceux qui l'entouroient !

5. Beaucoup de rois et de reines des Anglo-saxons descendirent du trône pour se livrer à la pratique de la mortification' et de la méditation. Alfred;, au contraire, demeura ferme au gouvernail du vaisseau

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