CHAPITRE XXI
et artistes *. Quand un de ces cierges ëtoit consumé, on en allumoit un autre, et le roi en étoit instruit par un de ses cliape- 1 ains, lesquels probablement faisoient à tour de rôle leurs dévotions au pied de l'autel.
14. Il ne laissoit pas passer un jour sans assister à l'office divin, et , à l'instar des religieux, observoit certaines heures fixes du jour et de la nuit où il récitoit des prières et des psaumes. Souvent même il se relevoit au milieu de la nuit pour allej' prier dans la maison de Dieu '.
i5. Il portoit constamment sur son sein un petit livre qu'il appeloit son manuel. Il contenoit des psaumes et des prières qui l'avoient édifié dans sa jeunesse. Un jour que son ami, l'évêque Asser, lui citoit un passage d'un livre quiluiavoit singulièrement plu , il tira son petit livre et pria Asser d'y
' Spelman. Butler, \ie de Benoît Biscop. ' Asser,
écrire ce passage. Mais, comme il n'y restoit plus de feuilles blanches, il suivit le conseil d'Asser et en fit ajouter de nouvelles. Le roi y écrivit quelques traductions de courtes maximes latines , ce qui lui inspira le goût de traduire du latin en saxon. Ceci se passoit en l'an 887.
1 6. Il paroît toutefois résulter du récit de Malmesbury, qil* Alfred déposa aussi dans ce petit livre diverses réflexions qui toutes n'avoient point trait à la religion : par exemple, réloge des talents poétiques d'Aldhelm, qu'il préféroit à tous les autres poètes saxons.
17. Alfred avoit pour les évêques le respect qui leur est dû; mais il veilloit aussi à ce qu'ils s'acquittassent consciencieusement de leurs saintes fonctions et leur adressoit comme aux autres grands de l'état de douces exhortations j et quand elles étoient inutiles, il les punissoit.